Bobisme et obsolescence programmée

Je suis Bob. Je suis le réparateur d’urgence, l’anti-dégat des eaux, les deux pieds dans la merde des autres, à chercher dans la fosse septique coronarienne ce qui bloque le changement.

Je suis Bob. L’éponge humaine, celle qui rattrape le bordel qu’a laissé l’autre, qui nettoie en faisant son possible la fosse septique coronarienne d’un autre pour laisser une place toute propre à la suivante.

Je suis Bob. La fameuse relation-éponge, celle sur qui on déverse dans la fosse septique coronarienne d’anciens sentiments stockés en trop et de nouveaux, comme on met un traitement antirouille sur une plaque de métal rongée comme un gruyère, avant de penser à la changer pour de bon. Je suis la couche d’apprêt que l’on met après avoir construit un beau mur, mais avant de finaliser avec la peinture parfaite.  

Je suis Bob.

On a tous un jour été un Bob. Ce Bob qui tente d’aider la personne qu’on aime alors qu’elle en aime un autre depuis toujours. Ce Bob qui l’aide à oublier cette personne, mais qui ne reste pas. Car un Bob ne reste pas. Un Bob est de passage. Un Bob est un marin de l’Amour, il ne reste pas une fois amarré à un port, il fait ce qu’il a à faire et repart vers d’autres mer(de)s coronariennes, avant de rentrer à bon port, son port. S’il le trouve un jour. Mais être un Bob est un job unique, un Bob n’est le Bob d’une seule personne.

Sauf pour les grands chats noirs de l’histoire qui ont revêtus le costume de Bob un paquet de fois sans jamais s’en rendre vraiment compte, les récidivistes du « Bobisme », dont les meilleurs amis sont, je vous le donne en mille, les « friendzoneurs »… Une belle bande de gagnants en somme.

Le problème avec le « Bobisme », c’est lorsqu’il nous apparait clair et limpide.

Tant que cela reste une possibilité éventuelle et hypothétique, on se bat, on chipote, on dit « oui,  mais… » à tout va, on s’accroche, on tortille du cul. Puis tout à coup, c’est devant nous. Dans une phrase, une formulation suspecte, une odeur de merde, un coup de téléphone, un message… Il apparait, on le voit, on ne voit plus que ça, ce putain de badge écrit « Bonjour ! Mon nom est BOB. Comment puis-je vous aider à aimer à nouveau ? » Et là la chanson de Sinclair se met en marche dans le jukebox de ma tête :   

« Qu’est-ce qu’on en fait de ces ombres qui dépassent? 
Qu’est-ce qu’on en fait de ces mots que rien n’efface? 
Qu’est-ce qu’on en fait de ces secrets qui s’entassent? 
Qu’est-ce qu’on en fait… une fois qu’ils refont surface? »

« Qu’est ce qu’on en fait », chanson de Sinclair de l’album Morphologique

Je ne veux pas critiquer Sinclair, mais s’il avait pu donner des réponses à ces questions, j’aurais apprécié. Grandement. (C’est trop facile ! Te défile pas mec !) Parce qu’il faut savoir que le statut de Bob est un statut implicite. Souvent, la personne ne se rend pas compte que l’on est son Bob. Et là, … c’est le caca.

J’ai eu tellement de Bob au cours de ma vie (pardon les gars, vous ne méritiez pas ça, mais bon « c’est pas toi, c’est moi » bla bla, non. C’était clairement du Bobisme) que je reconnais cette situation comme on reconnait l’odeur du gaz. Il suffit d’une fois pour le savoir pour le restant de notre vie.
Ça pue.

Dès lors que le badge est apparu, aucun recours possible, comme un film de série B téléchargé par erreur, il finira dans la corbeille. Avec suppression définitive. Oui, ne rêve pas petit Bob, tu es en plein dans ce qu’on appelle l’obsolescence programmée.

Maintenant que tu as ton badge, regarde ton amoureuse : Oh ! Apparition inexpliquée ! Oh le beau bouleeet ! Ça y est, tu le vois maintenant. C’est comme un tout autre monde qui s’ouvre à tes yeux, le Narnia de la déchéance amoureuse… Et tu seras le seul à le voir. Tu la verras balader son boulet comme s’il n’existait pas, mais enfin tu comprendras pourquoi elle se réveille la nuit, pourquoi elle angoisse le matin, pourquoi elle a parfois le regard lointain, perdu dans le vide de sa mémoire. Là est tout le poids de son boulet.

A tous les Bob à obsolescence programmée du monde, je vais terminer cet écrit merdique par une citation du célèbre Dr Rumack (… t’as qu’à googler) :

“I just want to wish you both good luck. We’re all counting on you!”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.