« Toi et moi contre le monde »

Quand on parle d’amour, on s’imagine tout un tas d’histoires romanesques, avec intrigues et rebondissements, pour finir en beauté sur un « ils vécurent heureux ». Ce qui peut être vrai bien sûr, mais ce que j’ai appris de mes expériences amoureuses personnelles tend finalement plus vers la question du choix plutôt que de celle de la destinée.

Bien que parfois, certaines situations soient tellement inévitables qu’il est difficile de ne pas penser à une certaine forme de destinée. Dieu, destin, karma, peu importe son nom, je crois sincèrement que la vie est un chemin sur lequel des routes s’ouvrent à nous, certaines plus insistantes que d’autres, mais le choix nous appartient d’emprunter telle ou telle route. La question est de savoir pour quelles raisons nous décidons de suivre une route plutôt qu’une autre, et sur quels arguments nous basons notre choix.

Il y a la raison, teintée par nos acquis sociaux qui font partie de notre construction depuis notre enfance et parfois même avant, et il y a l’Amour, cet équilibre entre fonction hormonale inconsciente et imaginaire débridé face à l’objet de notre affection.

Du désir nait l’amour. De la conscience de nous-même, de notre état, du contexte dans lequel nous évoluons, se créé la raison.

Ce n’est pas un sujet nouveau, et Jane Austin et Charlotte Brontë sont, pour moi, les auteurs de référence en matière de traduction littérales de ces combats intérieurs où aucune voie n’est juste, simple ou heureuse, si l’objet de l’affection entre en conflit avec le contexte social de notre vie quotidienne ô combien vitale à notre équilibre. La société, nos pairs, notre cercle familial, tous sont emprunts d’une culture qui leur est propre et qui oriente inconsciemment nos choix amoureux.

Et puis il y a des fois où le désir est si puissant qu’il invite à jeter au feu toutes les règles établies et à rejeter la peur de la punition sociétale, tant que l’objet du désir est obtenu, tant que cet être gratifiant accepte d’être soumis à notre affection, à notre égoïste volonté de possession de l’être aimé. Un amour absurde sur le papier, mais qui est pourtant la définition de l’amour passionnel.

C’est face à l’amour passionnel que l’on sort des phrases absurdes, des envolées lyriques telles que « toi et moi seuls contre le monde ».

C’est de l’amour passionnel que naît la jalousie, l’envie ou le désespoir. La folie qui en résulte n’est au final que le conflit ou l’aveuglement face à la raison, ou plus dramatique encore, face au rejet de l’être aimé. L’impossibilité pour l’autre de devenir notre objet gratifiant, par choix personnel ou par abdication devant les règles sociales, peut nous entraîner à la folie. Amère, sombre et regrettable folie.

Mais au milieu de ces sentiments noirs, il y a une flamme, un espoir indéfectible qui nous pousse à nous acharner dans cette voie nocive. Une petite voix qui murmure à notre oreille en quête de sens « et si c’était lui ? ».

D’un côté les regrets, de l’autre les remords. Peu importe le chemin que l’on prendra. Un amour passionnel ne nous laisse jamais indemne.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.