Le sacro-saint chapitrage

Le plus grand défi lorsqu’on se lance dans l’écriture, est de trouver la bonne manière d’organiser ses idées pour ne pas (trop) se laisser guider seulement par les envolées lyriques de notre plume. Bien entendu, la bonne manière est subjective. Donc je vais seulement vous parler de la mienne : le chapitrage, en espérant qu’elle vous aide à trouver la vôtre.

Étant donné que je suis pile dans sa rédaction pour Apocalypse, c’est le moment parfait de vous partager le merdier avec lequel je construis mes histoires.

Il était une fois…

En quelques lignes (ou pages), il faut commencer par poser l’histoire que l’on a en tête : c’est le synopsis (oui, comme pour les films), la situation initiale. Sur une feuille, dans un nouveau carnet ou juste dans un document Word. Qu’est ce que l’on va raconter, dans quel monde, à quelle époque, que va-t-il se passer ?

Le temps d’une bulle tenait sur 10 lignes, alors qu’Apocalypse doit faire bien 10 pages et je me noie actuellement dans les complications. Mais pour l’instant je pose tout là, je les découperai en chapitres plus tard.

Brainstorming : quand ça mouline H24

Une fois que l’idée générale est posée, il faut laisser son cerveau vagabonder. Lire des livres sur le même thème que notre récit, faire des recherches, lire et relire son synopsis et voir comment le mettre en forme, ce qui marche et ce qui (après réflexion) ne marche pas.

On rédige des bouts de scène, on calcule la chronologie de l’histoire, on décide (enfin, on planifie plutôt car tout est sujet à mouvement) du point de vue avec lequel on va rédiger l’histoire (le type de narrateur, s’il va y avoir des chapitres avec d’autres points de vue que celui du Héro ou de l’Héroïne, etc.), on pose des personnages, bref : on mouline.

Et pour ça, on prend son temps. On laisse son esprit divaguer, nos rêves nous guider, et surtout : on note tout. On fera le tri plus tard. Je laisse toujours une partie Idées dans mon doc de chapitrage, que j’intègre ou non à l’histoire ensuite.

Pour moi, le brainstorming ne s’arrête jamais. J’étais à la rédaction de la fin de la partie 2 de Le temps d’une bulle lorsque m’est venue une idée que j’ai ajoutée, transformant presque intégralement mon histoire de base (Welcome aboard, Andras MacMillan).

Personnages et contexte

L’histoire est posée, elle est en pleine réflexion, c’est le moment de commencer à visualiser les protagonistes. Je vous invite à aller voir l’article Le processus de création d’un personnage : forme, fond, et degré d’alcoolisme sur ce sujet.

Vous êtes dans la rédaction d’une histoire qui ne se passe pas (réellement) dans notre monde ? C’est à ce niveau où vous définissez les termes du contexte. Si, comme moi, vous vous lancez dans une histoire avec des Sorcières, délimitez leurs pouvoirs, leur savoir et leur historique. Faites des recherches sur ce qui a été fait, et laissez-vous aller à définir votre propre contexte.

Un peu comme Stéphanie Meyer a décidé que finalement les vampires brillaient comme des lucioles en plein Bayou… non en fait non. Nouveauté, créativité, mais encadrées par nos traditions (oui parce que les vampires qui brillent, voilà quoi).

Et paf, il meurt.

Une des premières choses que j’écris dès que le synopsis est posé, c’est la fin de l’histoire, la situation finale. Je n’arrive pas à avancer si je ne sais pas où je vais. Pour Le temps d’une bulle, la fin était rédigée dans le synopsis, et jamais je ne m’en suis écartée, même si j’ai beaucoup hésité à la transformer en Happy End, mais j’ai bien fait de m’y tenir.

Pendant la rédaction, on s’attache énormément aux personnages, et plus le temps passe, moins on a envie de leur faire du mal. Pourtant, un peu de drame fait tout le sel, et savoir à la base que tel ou tel personnage va en chier permet, durant la rédaction, de mieux doser les montées émotionnelles.

The adventure awaits !

Là, on ne rigole plus. On met en place la structure de l’histoire : éléments perturbateurs, péripéties et éléments de résolution. On place le schéma narratif (c’est le moment de se rappeler de ses cours de français, les enfants !).

On liste les éléments perturbateurs, la progression de l’histoire, les révélations, on classe la montée en pression : ce que le lecteur (ou le héro/héroïne) sait, ce qu’il ne sait pas, comment il va l’apprendre et à quel moment.

On définit en profondeur l’intrigue principale et le climax (le point culminant de l’histoire) : c’est le temps de la révélation qui amène à la fin.

Chapitrage

Ça y est, toute l’histoire est posée ? Bien. Maintenant, il faut organiser tout ça. C’est là où je passe le plus de temps.

Je commence à rédiger grossièrement l’histoire, chronologiquement, et je la répartie en chapitres. Chaque chapitre est nommé avec le thème abordé et mis dans la table des matières de Word pour pouvoir voir rapidement à quel moment de l’histoire il se situe.

Chaque chapitre fait quelques lignes seulement. J’ajoute des éléments de contexte (date, lieu, âge des personnages, etc.) ainsi que les éléments perturbateurs ou les informations à découvrir. Ainsi, chaque chapitre découpé a son objectif défini pour faire avancer l’histoire.

Pour donner un exemple concret, voici le premier chapitre de Le temps d’une bulle avec le titre, le nombre de mots (pour respecter une même longueur entre les chapitres. Il n’y a rien que je déteste plus qu’un livre où la longueur des chapitres est trop différente, mais ça, ce n’est que mon avis), les personnages présentés, la date, le type de météo, la différence d’âge entre les héros (en même temps, c’est le thème de ce roman) et ce qu’il contient en quelques lignes.

Je découpe le tout en trois parties : De la situation initiale jusqu’à l’élément perturbateur, les péripéties, et de l’éléments de résolution à la fin.

Pour Le temps d’une bulle, mes trois parties étaient réparties en fonction de la résolution du personnage principal, Joan, à se laisser aller ou pas avec Daniel (en même temps, c’est une histoire d’amour donc bon… ça va, ça vient, ça va plus, etc).

J’organise toute l’histoire comme ça. Quand c’est fait, je peux commencer à rédiger des scènes complètes, ponctuées de signes « […] » quand je peine à avancer sur une description, pour me rappeler de revenir dessus plus tard. J’écris vite, d’un coup, et je laisse poser avant d’y revenir. Pas de conseils là-dessus, l’écriture c’est très personnel.

Et… notes de rédaction

Pour finir, c’est dans ce document que je place certaines de mes notes et recherches.

Les emplois du temps en tableau, les idées, les rappels importants (pour éviter les incohérences), et surtout : la poubelle.

Tout ce que j’écris que je souhaite supprimer se retrouve là. Je ne supprime rien complètement. J’ai 22 pages de poubelle pour Le temps d’une bulle. Parce qu’on ne sait jamais, des fois on change d’avis, on repique dedans une tournure de phrase, une scène, une idée, etc. Et puis c’est un bon moyen pour voir le chemin parcouru.

Et vous alors, comment organisez-vous votre rédaction ?

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