Daniel, le jeune homme parfait sous tous rapports

Lors des premiers jets d’écriture du synopsis, dès les toutes premières lignes, j’avais seulement deux personnages en tête, les deux héros principaux Joan et Daniel. Comme dans toute bonne histoire romantique, le héros se devait d’être parfait pour faire flancher l’héroïne.

Parfait oui, mais comment ?

(Mais d’abord : plaçons le thème musical de ce cher Danny Boy, fruit de longs mois de découvertes spotifyiennes… Oui, j’écris en musique. On se met dans l’ambiance? C’est parti… )

De mon affection pour les vieux films en noir et blanc, j’ai sorti un personnage au caractère un peu vieux-jeu, extrêmement intelligent et bourré de charme.

Je donne d’ailleurs le ton dès son introduction au chapitre 2 :

« Daniel était une petite perfection du genre humain. Un jeune homme comme on en voit peu, dont les défauts vivent à l’ombre de ses qualités, même si en grandissant il se plaisait à dire l’inverse. Au premier abord, il paraissait très modeste, mais son cœur était en réalité rempli de beaucoup de fierté, sans pour autant tomber dans l’arrogance, ce qui lui conférait une certaine fragilité. Toujours poli, curieux de tout, d’une exceptionnelle intelligence – peu commune même – la vie s’épanouissait en lui comme une fleur que l’on a hâte de voir fleurir. S’il n’était pas particulièrement beau, il avait cependant un charme indéniable qui pouvait mettre n’importe quelle jeune fille à ses pieds. Il avait les cheveux bruns épais de sa mère et le sourire enjôleur de son père. »

Bon. Je vais devoir avouer que la création du personnage de Daniel est quelque peu cheatée, dans le sens où un bon 75% du personnage est basé sur une personne réelle.

Voilà, ça c’est dit.

Le plus difficile a donc été de déconstruire une partie de sa (réelle) personnalité, pour créer un personnage à part entière, avec son identité propre, en exacerbant certaines qualités et défauts, en en ajoutant d’autres, bref : j’ai joué à l’alchimiste avec la personnalité de l’original.

Sans vouloir totalement pervertir cette image que j’avais construite, j’ai conservé fidèlement certains dialogues qui viennent de lui, de ce lui réel, comme celle-ci (bien alcoolisée, et qui me fait toujours autant rire) :

« C’est la fin. C’est comme les chevaux, je peux plus courir là, il est temps de m’abattre. Au moins je n’aurai pas à me nourrir cet hiver… »

Sur ce point, je suis fidèle à Joan, l’héroïne, qui dit simplement :

« Daniel me faisait rire, le plus souvent sans le vouloir ».  

« Les défauts sont le meilleur d’une personne, un peu comme les épices d’un plat »

Le plus intéressant dans le processus d’écriture de ce personnage fut donc de casser son aura de perfection qui est mise en avant tout au long de l’histoire par l’héroïne, pour dévoiler peu à peu les faiblesses et défauts, en le poussant dans ses retranchements : fierté, susceptibilité, jalousie, possessivité et un soupçon d’agressivité.

Parfait sous tous rapports ? Meh.
La perfection est aussi surfaite que subjective.

Je ne sais pas si je suis arrivée à faire une bonne montée en force de ses côtés négatifs, comme un vernis qui s’écaille au fil du temps, mais j’aurai fait au mieux.

« Il y avait une noirceur dans ses yeux, une colère refoulée qu’il luttait à maintenir cachée. Daniel avait toujours semblé être quelqu’un de simple, dont l’esprit atypique ne se rabaissait pas aux jeux des autres humains. La colère et la jalousie n’étaient pas censées faire partie de son schéma de pensée, mais il était visiblement plus complexe qu’il voulait bien le laisser paraître. Il restait planté devant moi, le visage fermé, insondable. Une veine gonflée sur la tempe, il attendait une réaction, mais la seule chose qui me vint en tête à ce moment-là, fut de m’éloigner de lui. »

Au fil des mois, je me suis rendue compte qu’il est plus difficile d’écrire en ayant une personnalité réelle en tête que de construire un personnage de A à Z. Difficile dans le sens où lorsqu’on apprécie la personne, ce n’est pas facile de l’éborgner littérairement. Je pense donc être restée (un peu trop) gentille avec lui.

Daniel mériterait de se faire bousculer un peu plus, mais quelle est la limite pour ne pas tomber dans les clichés des partenaires amoureux typiques de ces dernières générations ? Je pense notamment à la bit-lit où les hommes sont tous ultra-protecteurs, jaloux et dominateurs (avec de l’autre côté une demoiselle en détresse mais pas trop, mais en fait si). Edward Cullen ou Matthew Clairmont sont à la limite du pervers narcissique, arrêtons de nous voiler la face. Daniel l’est-il aussi ? J’ai vraiment du mal à mettre de la distance.

Note pour plus tard : inspiration mais pas copie.

« Il sentait bon »

Tom Ford, Noir extrême est le fameux parfum qui met à mal la volonté de l’héroïne ! (Découvrez la composition du coupable ici)

Il était important pour moi d’ajouter cette trace olfactive, cette empreinte si particulière. M’étant honteusement approprié le parfum de mon pote après avoir harcelé sa nuque pendant des mois, ce parfum était clairement un élément déclencheur.

Dans l’histoire, il est l’élément perturbateur pour Joan, ce qui la rassure, l’apaise, l’excite aussi.

En même temps, le parfum, l’odeur d’une personne a un côté très intime et personnel. Je me rappelle encore de la réflexion d’un ami que je n’avais pas vu depuis des années : « Je t’ai senti avant que tu n’arrives », comme si mon parfum était une prolongation de mon être, qu’il faisait partie intégrante de ma personnalité.

De même, beaucoup de mes amies m’ont confié avoir un lien très fort avec le parfum de leur compagnon (ou de leur ex). Que ce soit par manque, affection ou animosité, l’odeur d’une personne (celle qu’elle laisse sur les draps, sur un vêtement oublié, etc.) est une source de souvenirs souvent plus forte qu’une photo.

La mémoire olfactive surpasserait tout, car elle renvoie directement au système de gestion des émotions du cerveau, mais bon, je ne vais pas me lancer sur ce sujet, il me semble que tout le monde connait la fameuse Madeleine de Proust et il existe pléthore d’articles et d’études sur ce sujet.

Le parfum de Daniel apparaît dès le chapitre 7, prenant directement sa place en tant qu’élément perturbateur :

« Il sentait bon. Son parfum était épicé et sucré. Les doux effluves venant de sa peau exercèrent sur moi un apaisement auquel je ne m’attendis pas. Telle une odeur venue du passé, empreinte de souvenirs heureux, elle embruma mon esprit et décontracta instantanément tous les muscles de mon corps. Mon menton se posa sur son épaule, laissant à mon nez la possibilité de se repaître de cette nuque aromatique. »

« L’espace d’un instant, je ne vis plus que lui »

Ainsi, en dehors de la problématique de modifier la personnalité (bien réelle) de mon ami, il me fallait visualiser ce personnage. Support visuel, mood-board¸ appelez ça comme vous le voulez, pour moi il est impératif de savoir à quoi ressemble un personnage pour pouvoir le décrire.

Je me suis donc baladé sur Google Images avec des mots clés qui m’ont surement fiché S en tant que prédatrice sexuelle. En même temps, avec les mots ado, beau, sexy

Bon.
J’avais mal commencé mes recherches.

Maaaais une fois le mot boxe ajouté, je me suis retrouvée devant une publicité d’Emporio Armani avec Shawn Mendes.

À l’époque, je n’avais aucune idée de qui était ce Shawn Mendes. Un peu moins de quinze mois plus tard, je connais tous ses albums par cœur ou presque. (Ne me jetez pas la pierre, moi aussi j’ai mes faiblesses !)

En même temps, Shawn est absolument parfait comme support pour Daniel : il est mis en avant dans la presse comme un jeune homme charmant, avec beaucoup de talent, respectueux, bref : le jeune homme parfait sous tous rapports ! Exactement comme Daniel (ou presque).

Un peu de Shawn par-ci, un peu de mon pote par-là, quelques gouttes de piment mexicain, un poil de romantisme et voilààà ! Le cocktail explosif du « Comment ne pas craquer pour Daniel? » qui faisait qu’il était impensable que Joan ne craque pas pour lui (ni moi, mais ça, c’était avant d’écrire mon chouchou de tout les chouchous).  

Non mais sérieusement: visez-moi cte bouille d’amour <3
#ObjectivitéZéro

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