Dystopie zombièsque

Si les zombies ont détruit la vie, ce sont bien nous, les vivants, qui avons détruit la mort. Un remède. Des scientifiques ont développé un antidote qui arrêtait le processus de décomposition, et donnait aux cellules des capacités auto-régénératrices.

Nous nous sommes pris pour Dieu. Sans savoir ce qu’il nous attendait alors. 

J’aurai préféré que les zombies dominent le monde, plutôt que ce qu’il nous est arrivé. Cet antidote a été distribué en masse à la population. Certains zombies en état trop avancé mourraient foudroyés par l’antidote. Mais les autres, malheureux chanceux, reprenaient vie. Au bout de quelques jours seulement, ils étaient redevenus ceux qu’ils étaient avant leur transformation. 

Nous avons tous été vaccinés à titre préventif, pensant que cela nous protégerait des éventuelles attaques de zombies encore non traités ou d’un retour en hausse de la pandémie dégénérative. Certains n’ont pas supportés le vaccin, et leurs cellules ont littéralement explosées. Les enfants, surtout. Tous les enfants. Ce fut la pire erreur médicale de toute l’humanité. Une erreur qui a figé le monde pour l’éternité. Les guerres qui ont suivies ne furent qu’une blague de plus dans notre désespérante chute vers les enfers. 

La terre est damnée. 

J’ai été vaccinée lorsque j’avais 28 ans. Je me rappelle de ma mère qui mettait chaque soir et chaque matin ses crèmes anti-rides sur le visage. Aujourd’hui, il n’en existe plus aucune, elles sont inutiles. Je n’ai aucune rides, et je n’en aurai jamais. Mes cellules désormais transformées combattent le vieillissement et les blessures de mon épiderme depuis bientôt 127 ans. 

Nous avons perdu le goût, l’odorat, et le toucher. Les parfums ne sont plus que de jolis flacons. Chaque aliment que nous ingérons ont ce qui me semble être le gout de la terre. J’ai oublié le goût de la terre. Tout est fade et pâteux dans notre bouche.

Nous ne sentons plus de douleur lorsque nous nous blessons mais nos organes se régénèrent de moins en moins bien au fil des agressions. Alors nous mourrons, par simple inattention.

La première cause de mortalité est due à l’alimentation. Puisque rien n’a de goût, nous ne pouvons savoir ce qui est consommable et ce qui ne l’est pas. Les intoxications alimentaires ont fait près de 45 000 morts l’année dernière. Et le fléau continu.

La pauvreté est omniprésente, et peu ont les moyens financiers de se payer de la nourriture fraîche. Les rares potagers sont détenus par le gouvernement, encerclés par autant de forces armées qu’il est possible d’imaginer. Les animaux sont tous tombés malades et aujourd’hui, manger de la viande est synonyme de roulette russe. Les vaccins n’ont pas aidés les animaux à survivre, et nous avons mangé pendant des années des steaks en décomposition sans nous en rendre compte. 

Nous sommes des immortels dysentériques.
Le tableau ne pourrait être plus infâme.

L’humanité arrive à sa fin, je le pressens. Sans nature, sans faune ni flore, nous courrons à notre perte. Immortels et affamés ou malades. La chute des humains tels que nous étions fut brutale, mais elle n’est pas terminée. Zombies, guerres, actes de barbarie bactériologiques, et pourtant nous sommes encore sur terre. 

Pour combien de temps ?  

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