(Happy) End ?

Il la voulait, mais pas maintenant, elle le voulait, mais oui, mais non, oh c’est compliqué ! Avec tant d’embûches dans les films romantiques, je me dis qu’à la fin, les personnages doivent être épuisés, autant moralement que physiquement. Et vas-y que je change de pays, et que je te retrouve, et là c’est toi qui pars, ne sois pas con, ne prend pas ce poison, je suis en fait un tueur à gages, je t’aime, non, oui, aime-moi, je vais te tuer, tu m’éneeeeeeeeeerves, bla bla bla…

Les péripéties à travers lesquelles passent les personnages sont parfois tellement exagérées, que c’est comme si Murphy lui-même (et sa fameuse loi) s’était déplacé pour mettre en place les évènements et clairement, foutre la merde.

Alors.

Après tout ça, le spectateur est en émoi toussa toussa, et pleure quand, enfin, FINALEMENT, Murphy s’en va et laisse nos tourtereaux tranquilles avec leur futur qui contient normalement (oui c’est un pack) : vie paisible, bonheur, enfants, amour (pardon : Amour), et du matériel aussi : belle maison, voiture, piscine, chalet à la montagne et j’en passe.

Cool.
Et après ?

Ben après justement on n’en sait rien ! Sans déconner, les deux amoureux, depuis qu’ils se sont rencontrés, ce sont des vagues de merde en roulement dans leur face et là…. Plus rien ? Du tout ?

Finito ?

Façon « ah enfin du calme ! », mais suivi d’un « on ne se ferait pas un peu chier là quand même » non ? Sérieusement, après tant de houle, ils ne doivent pas vraiment savoir quoi faire de tout ce calme…

C’est vrai, que se passe-t-il après le « Happy End » ?

Parce que c’est juste le « End » pour les emmerdes, mais pas pour eux et leur amour. Sauf pour Roméo et Juliette qui ont eu un (Happy) End véritable, aussi appelé « gros coup de bras d’honneur à tout le monde, on vous emmerde et on rentre à la maison » … ou peut-être juste parce qu’un connard est passé en criant « va mourir » et qu’ils l’ont pris un peu trop au pied de la lettre.

En même temps vu comment ils ont fini, on se doute bien que ce n’étaient pas des lumières ces deux ados là.

Ahem.
William, t’as chié dans la colle là avec cette fin.

Mais pour les autres, comment ça se passe ? Dans le quotidien, entre le ménage et les courses, les pannes sexuelles et le paiement des factures, comment se passe la vie post-Happy End ?

Quand nous sommes habitués au chaos, comment arriver à gérer le calme ? Est-ce que ce calme peut nous soulager sans pour autant nous plonger dans un profond ennui, la monotonie, cette saloperie d’épée de Damoclès qui fait tant peur aux Drama-Queens et autres dépendants affectifs ?

Après une journée dans le calme de la pièce que j’ai finalement réussi à ouvrir malgré la tempête qui rugissait dehors, de nouvelles questions apparaissent. Ayant toujours eu à me battre pour mes sentiments et mes relations en général, que suis-je censée faire maintenant que je n’ai plus à me battre ?

« Profite », on me dit.

Mais pour cela il faudrait que je sois sereine, alors que je redoute encore que le vent se lève sans prévenir pour m’en (re)mettre plein la gueule.

« Profite ». Difficile de suivre ce conseil sereinement.

Et pourtant.

L’héroïne a déposé les armes, il ne lui reste plus qu’à mettre son armure au vestiaire. Le royaume est en paix, l’ennemi a abdiqué ! La guerre gagnée, il est temps de cesser les conquêtes, pour finalement commencer à régner sur ce nouveau royaume. Régner sur ces étendues de terres vierges, inconnues. Ce royaume fantasmé tant de fois, qui paraissait si loin et qui est à présent à portée de main. Un Nouveau Monde.

« Il tient le moooonde, dans mes mains… »

(No comment.)

Il m’aura fallu attendre longtemps pour gagner une partie de chasse amoureuse et me retrouver seule avec ma prise, heureuse d’être là avec moi dans mes filets. (Chasse, pêche et tentation).

Pour le moment j’en profite.

Je la regarde cette merveilleuse prise sans trop savoir quoi en faire, comme la première fois que l’on prend un nouveau-né dans ses bras et qu’on a peur de le faire tomber. C’est un miracle de la nature, si beau et si fragile.

Dans l’ombre de la routine

J’ai tant entendu que cet équilibre était fragile, que je devrais faire attention, et surtout guetter l’arrivée de l’abominable monstre sournois et intrusif que vous appelez « routine ».

Je ne l’ai jamais vu.

Pourquoi tout le monde en a si peur ? Qu’est-ce qu’il représente, qui est-il ? Vais-je le reconnaître quand (ou si) il arrivera ? Que faire s’il se présente à ma porte un jour avec sa gueule d’enfariné et sa bouche en cul-de-poule ?

C’est alors que je devrai à nouveau sortir mon épée et pourfendre cette abomination de toute ma hargne ! Et c’est là qu’on tombe dans « Film Romantique II, le retour » et BLAM! (bruitage très réaliste nous en conviendrons) prends-toi une nouvelle vague dans la face, et c’est reparti. Bats-toi contre les éléments, résiste, insiste ! Lutte pour cet amour courtois qui te tient tant à cœur, chevalier ! … et quoi ?

Y’a encore un Happy End après ça ? Encore ?

Mais ça ne cesse donc jamais ! L’amour est une putain de bataille.

Et sinon heuuu… je peux avoir un mode d’emploi s’il vous plait ? Le mode d’emploi de la relation parfaite qui est un happy end continu, où tu es transformée en un coup de baguette magique en connasse mielleuse trop heureuse, qui fait bien chier l’ancienne cynique que je garde enfermée dans le donjon de mon inconscient.

Ou au moins avoir un aperçu de ce qui m’attend ? Pourquoi je ne peux pas voir le scénario ? S’il vous plait… À quelle page arrive le monstre ? Quand devrais-je à nouveau lutter pour mon amour ?

Je veux savoir. Je veux me préparer. Toute ma vie j’ai appris à construire des murs, à les bichonner, y mettre de jolies tapisseries…

« Nous avons beaucoup de tapisseries, mais si vous êtes un Lord écossais alors moi je suis Mickey Mouse ! »

…pour finalement prendre de l’élan, courir vers lui et m’exploser la gueule dessus en feignant une demie surprise.

Maintenant qu’il n’y a plus de mur, c’est moi-même que je dois craindre.

« Profite ». Profite. C’est vite dit, moi qui avais appris à nager dans les vagues, je me retrouve au milieu d’un lac tranquille où je crains de m’y noyer toute seule comme une conne à force de battre des bras pour rien.

J’ai peur.
Peur de ne pas être à la hauteur.

Happy Fucking End.

[Edit fun] Sur ce coup, ce ne fut pas la routine, mais les beaux-parents qui ont joyeusement défoncé mon Happy End. Mahah.

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