Andras MacMillan, pour vous servir Mesdames…

Le personnage d’Andras MacMillan n’est pas apparu avant la V2 de mon chapitrage. À l’époque, l’histoire était déjà écrite, la première partie était rédigée, et la seconde était en cours. Mais il manquait quelque chose d’important : une intrigue portée par d’autres personnages, et qui viendrait un peu foutre la merde. Quelque chose de piquant, d’humoristique, et aussi, de plus léger que les interminables, longs, et insistants, regards entre Daniel et Joan (oui, la mièvrerie a ses limites).

C’est comme ça qu’est née l’idée d’ajouter aux thématiques de l’amour, de la différence d’âge, de la pression de la société et j’en passe, l’intimidation en milieu scolaire.

Ouaip.

C’est à l’époque de ma première année universitaire québécoise que j’ai découvert le mot « Intimidation ». Avant, je n’en avais jamais entendu parler. Oui, j’ai lu Poil de Carotte et Carrie, mais en France, les souffre-douleurs ou têtes de turcs étaient de vrais statuts sociaux (merci évolution sociale d’avoir mis un terme à ça).

Il me fallait donc une victime, ce pauvre Julian Abbott (Article à venir), et un bourreau : MacMillan. Il m’en fallait un parfait : sans limites, aussi charismatique que détestable, sans foi ni loi (ou presque), maaaaais… sans mauvais fond (parce que j’aime bien les faux méchants). Coucou Lord Byron.

« Je n’étais pas bien téméraire face à ce cliché ambulant de cuir et de piercing de vingt centimètres de plus que moi »

Je sais, le cliché, c’est facile. Mais en écriture, j’avoue que ce fut particulièrement amusant à construire et déconstruire.

Si on sait que l’habit ne fait pas le moine, c’est encore plus compliqué à appliquer l’écrit : dès les premières phrases, on se base sur nos acquis sociaux pour compléter le tableau du personnage. Que ce soit par notre expérience ou notre culture littéraire et cinématographique, il y a des clichés avec un fort niveau d’impact.

 « J’étais pétrifiée par le regard insistant du jeune homme, dont la braise rougeoyante de sa cigarette, coincée entre ses premières phalanges, illuminait son visage à intervalles réguliers »

Quand on imagine un punk, on a de suite en tête un personnage plutôt sale, débauché, alcoolique et violent (on parle de cliché, là). Si nous mettons de côté toute la richesse de la sous-culture punk, le punk n’est pas destiné à être un héros. Un anti-héros, à la limite, mais les exemples sont rares. Venant d’un milieu métal, entourée de tatoué(e)s et de piercé(e)s, en blousons de cuir et vêtements noirs, je connais bien l’impression que mes potes peuvent donner aux gens… plus classiques disons.

C’est cette impression que je voulais retransmettre, en laissant infuser mon expérience au fur et à mesure (non, les métalleux ou punks ne sont pas des loubards sans cœur, bien au contraire).

Au bar où je travaillais, il y avait un jeune punk qui venait tous les week-end : autant charmeur que tête à claque. Je l’ai vu draguer des femmes de plus de dix ans de plus que lui avec un aplomb incroyable. Ce mec fut la base de la construction de la personnalité d’Andras.

 « Petit con… »

Cabotin, charmeur et un poil lubrique pour la première couche, Andras utilise l’humour comme une armure. Et allez, deuxième cliché : jouer au petit con pour dissimuler sa fragilité (seconde couche, comme les oignons).

J’ai prévenu que j’aimais les clichés.

Celui-là, particulièrement, car rien n’est plus adorable qu’un faux méchant. Je pense que Monsieur Darcy fait l’unanimité chez les femmes alors que dans les premières pages, c’est quand même un bon gros con. Que voulez-vous, une masculinité forte qui referme une fragilité, ça nous fait craquer depuis le XVIIIe siècle. Sans compter que les héros Byroniens ont toujours une place de choix dans les romances.

Andras devait donc avoir un passé particulier (sorry, no spoil here!) et une raison pour se retrouver dans la position du bourreau.

Une fois la fiche du personnage remplie, ses liens avec les autres personnages détaillés, son nom déterminé (en même temps avec Andras, démon de la discorde, difficile de faire mieux), une recherche musicale très très fructueuse dans la playlist de la série Netflix Lucifer (Raise Hell, Call Me Devil, Watch Me & Play With Fire en particulier), c’était parti pour du gros fun à n’en plus finir.

Au programme :

  • une entrée soignée,
  • des apparitions inattendues,
  • mais surtout, des scènes improbables et des répliques lubriques, saupoudrées au fil des pages avec un plaisir malsain !
    #TeamAndras

Je pris la ruelle à l’angle de la librairie quand la porte arrière du pub s’ouvrît, à moins d’un mètre devant moi, dans un grand fracas. Un corps frêle habillé de noir s’écrasa au sol de tout son long. Le large blouson en cuir qu’il portait remontait sur son visage, mais ce jean noir troué, cette chaîne qui pendait sur le côté, et ces bottes en cuir épais ne laissaient aucun doute sur leur propriétaire.
Encore lui.

Andras MacMillan, visiblement bien éméché, se débattait avec les manches de son blouson pour tenter de se remettre debout. Vacillant, il ne réussit qu’à se mettre sur le côté, dévoilant son torse maigre à demi couvert par un teeshirt déchiré de toutes parts. Il tentait tant bien que mal de se redresser. C’est là qu’il m’aperçut. Levant ses yeux torves sur moi, un sourire immense se dessina sur son visage. Il m’apostropha avec toute la bonne humeur qu’une trop grande quantité d’alcool lui octroyait.
« Heeeeey ! Salut chérie ! »

« Il avait les joues creusées, une mâchoire tranchante, mais son visage avait quelque chose de très doux »

Au fil de l’écriture, Andras est clairement devenu mon personnage préféré. J’avoue avoir goûté au plaisir de se laisser porter par un personnage, comme s’il existait réellement, et que l’on était à la merci de ses actions et réactions, presque hors de notre volonté d’auteur.

Autant j’ai adoré façonner son caractère cabotin, autant imaginer un casse-pied pareil avec une tête d’ange fut carrément jouissif. Mais ce ne fut pas facile de trouver le support visuel parfait. Toutes mes recherches images de punks donnaient soit des punks à chiens, soit des mannequins avec beaucoup trop d’attitude (Meh).

Ni l’un ni l’autre n’allait. Il aura fallu qu’une amie (la meilleure, puisqu’elle a été ma bêta lectrice et qu’elle s’est tapée touuuuuuuuuut mes questionnements internes #BlessHer) me dise « Tient, Andras me fait penser à ce chanteur ».

Oh. My. God. (Avec un accent de Boston)  

MacMillan sourit, étendit ses jambes sur le bureau et remonta ses bras nonchalamment derrière sa nuque. Je sentais mon pouls s’intensifier sous son regard qui me détaillait de haut en bas avec un désir pervers.
« Voyons… Madame Abbott… Arrêtez de me fixer comme ça, je vais commencer à penser que je vous plais » répliqua-t-il, enhardi.

Le chanteur de Black Veil Brides, Andy Biersack (ou Andy Black, selon son mood), était le support physique parfait. Il a de nombreux shootings sérieux, avec un visage fermé, dur, le regard noir, et puis tout un compte Instagram de fan dédié à son sourire (Merci les groupies !). Le parfait mélange, entre attitude de dur et de … fucking trop cute. Et petit bonus improbable, il a une voix beaucoup trop grave pour sa corpulence (parfait x2).

Allez, venez, je vous présente ma vision (parfaite) d’Andras ;-)
#ObjectivitéZéro

 « Andras tanguait, souriant, les yeux perdus dans le vide »

Je ne quitterais pas cette fiche sans avoir fait mention de son niveau d’alcoolisme ! Je dois faire honneur à tous les aspects de ma conception d’un personnage (article ici, d’ailleurs).

Parce qu’il y a un problème d’alcoolisme dans la famille d’Andras, celui-ci a un rapport particulier avec l’alcool.

« Andras, qu’est-ce que tu fais ici ? Tu ne devrais pas…
— Ouais, ouais, je sais… maugréa-t-il. Mais j’suis là, et j’suis bien là. Je connais tout le monde ici, j’fais partie des murs. Ça doit être un truc de famille… »

Le pub est un des lieux principaux de rencontre du personnage :

  • il s’y bat,
  • il s’y pinte après s’être fait casser la gueule,
  • et c’est aussi là qu’il y montre son vrai visage : Sans masque, avec toute sa fragilité. Il parle franchement, ne se cache plus derrière l’humour, et donne au lecteur des indices précieux sur sa personnalité, ainsi que sur la situation d’intimidation qu’il fait vivre à Julian (ouuuuh indices, indices).

Ainsi, dans la troisième partie, il tombe sur Joan, qui est complètement saoule, et l’aide, sachant qu’elle n’est pas en état de le reconnaître (mais nous, on sait héhé). Bienveillance, bienveillance. Et non, MacMillan n’est pas qu’un « petit con », et c’est pour ça que je l’aime.   

Je glissai malencontreusement de mon tabouret quand une main secourable apparut, sortie de nulle part, pour me retenir juste à temps de m’effondrer lamentablement par terre.
« Ok Madame Abbott, je crois que vous avez assez bu pour ce soir. »
Cette voix, qu’il me sembla reconnaître, me sortit un court instant de mon coton. J’essayai de me redresser, mais titubai, pour retomber mollement sur lui, la tête posée contre ce torse osseux inconnu entre deux pans de cuir. Ces bras me soutinrent et une main se dégagea pour replacer délicatement une mèche de cheveux derrière mon oreille.
Ça, c’est des bras sympas.

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