Ap 18 : « Merdemerdemerde »

Temps de lecture (selon Antidote) : 16 min 51 sec

Les branches se baissaient pour me fouetter le visage. Mes pas s’enlisaient dans la mousse épaisse. La terre détrempée happait mes pieds. Les racines des arbres se levaient à mon passage, cherchant à me faire trébucher. La forêt était si dense qu’aucun rayon de soleil n’y pénétrait. J’avais froid. La brume me collait à la peau, infiltrant ma chair, gelant jusqu’à mes os.

J’avais l’impression de marcher depuis des heures. Mes yeux s’étaient fermés sur la plaie de mon bras pour s’ouvrir au milieu d’une plaine, au pied d’une tour si haute qu’elle semblait interminable. J’avais foncé vers les bois, pour m’y cacher et pour le trouver, lui. Le seul en qui je pouvais placer mes maigres espoirs ici-bas. Les oreilles à l’affût, je recherchais ses chaînes au milieu des bruissements sinistres. La forêt était vivante, et mon passage à travers elle lui déplaisait.

Les bracelets qui étaient apparus à mes poignets pesaient de plus en plus lourds, et mon bras gauche continuait de saigner, ponctuant ma fuite de gouttes carmin. Si je n’étais pas morte, où étais-je ? À intervalles réguliers, un effroyable frémissement survenait, assombrissant le ciel d’une nuée d’oiseaux noirs. Leurs piaillements rauques terminèrent de me glacer le sang.

Au détour d’une percée dans les arbres, la horde de volatiles fondit sur moi. Merdemerdemerde. Je me jetai sous une souche pour me cacher. Les oiseaux s’enfoncèrent dans les bois, volant au ras du sol dans un escadron parfaitement synchronisé. Contre mon dos, l’écorce suintait. La mousse se creusa sous mon poids, menaçant de m’avaler. Les racines s’enroulèrent autour de mes membres. Je me débattais en serrant les dents, aussi silencieuse que possible dans cet Enfer vert. Le frémissement de leurs ailes était encore trop proche pour que je sorte de ma cachette.

Je tentai de retirer chaque racine qui entourait mes jambes et mes bras, les arrachant avant que je sois complètement prisonnière de leur emprise. L’une d’elles rampa sur mon épaule, serpentant sur ma peau jusqu’à trouver son chemin autour de ma gorge. Aux prises avec celles qui restreignaient mes bras, je ne pus m’en extirper à temps.

Je commençais à suffoquer, incapable de retirer ces lianes assaillantes qui se faisaient de plus en plus nombreuses, lorsqu’une main se glissa contre mon cou et l’arracha avec une délicatesse surprenante. Les racines se retirèrent, plongeant dans la mousse. Je pris cette main tendue et me relevai, gauche, devant un grand homme brun au regard mélancolique. Il portait un simple pantalon noir en toile. Torse nu, les pieds enfoncés dans la terre, il paraissait jeune. La petite vingtaine. Je le contemplai de haut en bas. Si c’était ça, un Dieu de l’Enfer, je devrais peut-être reconsidérer mon envie de fuir ces lieux. Il observa mon poignet ensanglanté en fronçant les sourcils. 

 « Suis-moi, il faut soigner ça.

— Attend ! l’interpellai-je alors qu’il s’éloignait déjà. C’est quoi cet endroit ? Et qui es-tu ?

— Ceci est la forêt de l’Érèbe, et contrairement à tout ce qui t’entoure… je ne suis pas un ennemi », dit-il après une pause.

Avec lui à mes côtés, la forêt cessa de me prendre pour cible et nous marchâmes sans encombre à travers les arbres. Il avançait d’un pas lent, et je restais en arrière à l’observer. Son dos était zébré de fines cicatrices, que je supposais être d’anciens coups de fouet. Je suivis l’Adonis jusqu’à une clairière baignée de lumière, où le sol moussu céda sa place à un tapis d’herbe. À l’orée des arbres s’élevait un gigantesque portail d’or, haut de plus d’une dizaine de mètres. Des lianes mouvantes s’enroulaient autour de quelques barreaux, ondulantes et hypnotiques. Au centre de cette percée, le faisceau de lumière semblait descendre directement du ciel. Cet endroit contrastait avec tout ce que j’avais pu voir jusqu’à présent. Des fées seraient apparues que cela ne m’aurait pas surprise.

« Qui ose s’aventurer dans ces terres sacrées ? »

Une voix rauque et lugubre raisonna, dans un chœur sinistre avec deux autres voix. Un frisson me parcourut l’échine. La peur glaça les derniers pores de ma peau qui n’avaient pas encore été contaminés par l’air ambiant. Le sol se mit à trembler. Je me retournai lentement, terrorisée. Une énorme tête de loup sortit du fourré, suivie par une patte aux griffes acérées qui déchirèrent la terre. Un frottement métallique familier s’éleva. La bête était si imposante que le sol vibrait sous ses pas. Le portail d’or ne me parut plus si immense en comparaison. Deux autres têtes entouraient la première, grognant de concert. De son épaisse fourrure noire ressortaient trois rangées d’yeux rouges incandescents. Mon cœur se rappela à moi en se serrant dans une pulsation terrorisée. Le mythique Cerbère, chien à trois têtes protecteur de la porte des Enfers, se tenait devant moi.

« Reprend forme humaine, Sërb. Tu l’effraies. » 

La bête se transforma alors, non sans mal, en un homme à la peau brune et aux longs cheveux noirs. Il ressemblait à s’y méprendre à Adam Selpaghen, le garde forestier secwepemc. Ça en était troublant. Trois lignes tatouées ornaient son menton. Il tenait dans sa main une lance décorée de plumes, de pierres, et de crânes d’oiseaux. Ses poignets, ainsi que ses chevilles, étaient prisonniers d’antiques bracelets, reliés au grand portail par une lourde chaîne d’or.

« Toi ? s’exclama-t-il en me voyant.

— Les guetteurs la poursuivaient, lui répondit l’Adonis. Elle est blessée. »

Sërb se précipita sur moi. Surprise, je trébuchais d’un pas en arrière. Il attrapa mon poignet sanguinolent et posa sa main dessus. Ses doigts rougeoyèrent. Je sentis ma peau se resserrer sous ce flot de lumière rubis. Des symboles apparurent le long de son bras, incrustés dans sa chair, ardents comme de la lave en fusion. Il était comme moi.

« C’est une blessure humaine. Je ne suis pas sûr de pouvoir la guérir complètement. Pourquoi t’es-tu infligé ça ? s’inquiéta-t-il.

— Non, non, je n’ai pas… enfin, si, techniquement, mais je ne voulais pas ! C’est à cause de la mouche, elle était en moi, je…

— Bel, grogna soudainement Sërb, me faisant sursauter.

— … Est-ce que je suis morte ? 

— Non, répliqua l’Adonis derrière moi. Pas encore. Et nous pouvons l’éviter. Je vais contacter Cinq. Je reviens. »

Il s’engouffra dans la forêt, nous laissant seuls. Sërb m’invita à m’asseoir, sans lâcher mon poignet. La lumière rouge qui émanait de ses mains fluctuait. Une larme de sueur perla sur sa tempe.

« Je t’ai vu. Dans mes rêves, soufflai-je.

— Ce n’était pas des rêves. Tu es un Passeur, un guide pour les âmes perdues. Ton pouvoir te permet de traverser les mondes à ta guise. C’est ton esprit que tu as fait voyager jusqu’ici, jusqu’à moi. Bientôt tu pourras… »

Il fut pris d’un vertige, tangua sur ses genoux et posa la main à terre pour retenir sa chute. Utiliser ses pouvoirs l’avait épuisé. Ma plaie était refermée, et il ne restait de mon geste irréfléchi qu’une traînée de sang séché.

« Quand ils apparaissent, nos pouvoirs sont un peu compliqués à maîtriser. Avec le temps, ça s’améliore, mais ils demandent toujours autant d’énergie, concéda-t-il.

— Je ne maîtrise rien pour le moment. Je suis la pire sorcière qui existe.

— … qu’est-ce qu’une sorcière ?

— … quoi ? »

Devant mon regard ébahi et incrédule, l’autochtone sourit. Comme Quatre avant lui, il était conscient de mon ignorance sur ce que j’étais, et sur mes capacités. J’avais progressé, mais c’était encore loin de suffire. Il se laissa tomber en tailleur à mes côtés, et commença un récit bien différent de celui que m’avait servi Roberta.

« L’UN, père des Dieux de la Vie et de la Mort, a placé dans le Royaume des Humains des êtres capables de maintenir l’équilibre entre nos Royaumes : les Gardiens. Nous nous éveillons lorsque la balance divine est en péril. Dès lors, notre don se développe, et il nous est accordé une grande puissance pour pouvoir faire face à la charge qui nous incombe. Nous sommes, en quelque sorte, les garde-fous des Dieux.

— Pourquoi as-tu été… éveillé ?

— Je vivais dans ma tribu, auprès de ma femme et de nos enfants, quand une guerre divine a éclaté. Le ciel et la terre se sont ouverts dans une immense faille. Les éclairs étaient assourdissants. Les âmes des morts remontaient des profondeurs de la terre, tandis que du ciel tombaient des êtres ailés qui s’entre-tuaient, précipitant des mortels innocents dans leur chute. Je me suis retrouvé dans le Royaume des Morts, à rappeler les âmes fuyardes et à soigner les immortels blessés, pendant qu’Uriel protégeait les Humains des répercussions des combats. La guerre dura des centaines d’années. »

Sërb s’assombrissait au fil de son récit. 

« Le clan céleste fut divisé, et nombre d’entre eux furent précipités dans les Enfers, enchaînés, pour les punir de leur rébellion. Nous pensions que la guerre était enfin terminée. J’avais bon espoir de rentrer chez moi, ou du moins, dans ce qu’il restait de ma tribu. Mais la terre fut engloutie par les eaux. Tout se passa si vite, Uriel n’eut pas le temps de réagir. Toute vie, à quelques exceptions près, fut rasée de la surface. Ce fut terrible. C’est à ce moment qu’un autre Gardien, un parmi les derniers êtres encore vivants, fut éveillé. Un Juge. Il brisa les chaînes des Infernaux et bloqua l’accès au Royaume des Humains en nous enchaînant, Uriel et moi, les désormais nommés Gardiens de la Porte. Ce que tu vois là, dit-il en pointant l’immense portail d’or, est l’entrée vers ton monde… qui fut aussi le mien. Il en existe une autre dans la cité de Sion. Depuis le jour de l’enchaînement mutuel, seuls les hauts gradés munis d’une autorisation sont habilités à traverser.

— … c’est ce qui va se passer, n’est-ce pas ? La guerre.

— Malheureusement, ça en prend le chemin.

— … Qu’est-ce que j’ai à voir dans tout ça, moi ? 

— Belzebuth, l’actuel Commandant des Enfers, m’a empoisonné pour pouvoir rouvrir la porte. Seulement… tu t’es éveillée pour prendre ma place. »

Je regardai cette clairière, l’immense portail d’or, puis ses chaînes. Ma vision se brouilla, j’eus des bouffées de chaleur, ma respiration devint erratique, puis j’entendis dans ma tête le bruit familier d’un soda qu’on décapsule. Un pop annonciateur d’une crise existentielle majeure.

« Je ne peux pas, murmurai-je. Je ne peux pas, je suis désolé hein, c’est sympa tout ça, et je comprends bien tout ce que tu m’as raconté, mais je ne peux pas, me mis-je à jacasser avec vigueur, en proie à la panique. Je suis trop jeune, je suis encore au lycée, ils ne vont pas accepter que je sèche un trimestre ou deux pour surveiller une porte. Et puis, j’ai mes copines, je sais que je ne les vois pas aussi souvent que j’aimerais, mais on a déjà réservé nos places pour le festival de musique d’août. Je ne peux pas louper ça, Sasha va m’en vouloir. Non, je… j’ai une vie qui m’attend. Je ne dis pas qu’être enchaîné à cette porte n’est pas une bonne chose, ça l’est, dans un sens, mais ce n’est pas vraiment le genre de plan de carrière que… »

Mon cerveau déraillait. Sërb m’entoura de ses bras alors que je continuais de déballer toutes les raisons qui me traversaient l’esprit pour lesquelles je ne pouvais pas prendre sa place. Des images de ma vie humaine défilaient à toute allure dans mon esprit, et je m’y accrochais désespérément. Je ne voulais pas l’abandonner. Je me mis à penser à tout ce que je n’avais pas encore fait, à tout ce que je laisserais derrière moi, jusqu’à la part de pizza oubliée dans le micro-onde. Je ne voulais pas mourir.

Mon corps était secoué par mes larmes. Je préférais nettement la version de Roberta. J’aurais tout donné pour être à nouveau une sorcière de merde, plutôt qu’un portier de l’Enfer. L’Adonis revint pile à ce moment où ma bravoure était à son apogée. Je pris une grande inspiration, ravala ma morve et sécha mes larmes du revers de ma manche.

Un clic retentit. Sërb se recula. Les bracelets, qui pesaient sur mes avant-bras, se dissipèrent dans une brume. J’étais libre. Le soulagement que je ressentis fut de courte durée. Un cri strident s’éleva dans tout le Royaume, comme une alarme. Le frémissement effroyable de milliers d’ailes tonna au loin.

« Il faut partir au plus vite. Cinq a arrangé la situation dans son Royaume, annonça-t-il en posant sa main sur mon épaule. Mais elle devrait déjà être dans l’entre-monde.

— Attend ! Qu’est-ce qu’il va se passer ? Je veux dire… pour moi ?

— Soit rassurée : tant que je suis en vie, ton éveil n’est pas complet, répondit Sërb.

— T’as rien de plus rassurant en stock ?

— Je vais chercher un moyen pour t’éviter mon destin. En attendant, Cinq te protégera de son mieux contre Belzebuth. Tu peux avoir entièrement confiance en lui. Rentre chez toi et reste en vie. C’est ta meilleure chance, et nous avons besoin de ce temps pour établir un plan. Lucifer va te montrer le chemin. »

Mes pupilles roulèrent vers le grand brun à l’insondable regard. Lucifer. L’Ange déchu était planté devant moi, dans un pantalon en toile beaucoup trop taille basse. Jamais je ne l’aurais imaginé comme ça. Plus rouge, avec de petites cornes sur le haut du crane, tenant une fourche et hurlant de rire face à une assemblée d’âmes brûlant dans des flammes. Maléfique. Pourtant, lorsque Lucifer me tendit la main, c’est sans hésiter que je la pris.

La porte s’ouvrit sur un large chemin de sable. Lucifer m’entraîna sur la droite, dans des fourrés épineux. Je le suivis sur ce chemin chaotique qui conduisait à un escalier étroit dont les marches de pierres, recouvertes par la verdure, disparaissaient au loin sous une arche sombre de branches. Nous gravîmes la centaine de marches glissantes jusqu’à une percée qui offrait une vue imprenable sur les Enfers. Je m’y arrêtai un instant. Cette étendue verte était bien loin de l’imaginaire général enflammé et apocalyptique. La forêt occupait les deux tiers de ce monde, et s’ouvrait sur la plaine où j’étais apparue. La tour transperçait le Royaume de part en part. Son sommet disparaissait dans les plus hauts nuages de ce ciel d’encre.

« La tour Céleste, m’indiqua Lucifer. Seuls le Roi et les membres du Conseil ont le droit d’y pénétrer. Elle relie tous les niveaux des Enfers à la cité de Sion. Dans ton monde, c’est ce que tu appelles un ascenseur, je crois.

— Combien de niveaux y a-t-il ? demandai-je tout en reprenant la route.

— Il en existe six : la forêt de l’Érèbe, la Plaine des Asphodèles, le Jardin des Oubliés, le Labyrinthe des Châtiments, le Tartare, et le niveau six. »

Un nouveau bruissement d’ailes interrompit mon guide touristique. De la tour s’éleva un nuage noir et mouvant, qui se mêla à celui qui flottait au-dessus de la clairière, avant de foncer dans notre direction.

« Les guetteurs t’ont localisé. Nous devons nous dépêcher. »

Lucifer attrapa ma main et me tira dans cet escalier sans fin. J’avais l’impression que mon bras allait se décrocher. Je ne courais pas assez vite. Le fracas des oiseaux se rapprochait.

« On est encore loin ?

— Non. 

— Ça aurait été plus simple que la porte s’ouvre immédiatement sur mon monde, maugréai-je après m’être cogné le front sur une branche basse.

— Le passage des âmes mortelles se fait uniquement par le Styx, qui débouche sur la plage devant la porte, mais cet accès est gardé par Charon. La montagne rouge possède un accès direct, dont peu en connaissent le chemin. C’est le seul moyen de sortir d’ici sans se faire remarquer. »

Je l’écoutais, tout en me demandant comment, en gravissant une montagne, nous atteindrions le fleuve situé en contrebas. La réponse vint vite, lorsque le frémissement effroyable des guetteurs fut camouflé par le grondement sourd d’une chute d’eau. Les dernières marches de cet interminable escalier menaient à un fleuve immense, majestueux, qui s’étendait à perte de vue et se précipitait dans une colonne large et haute de plusieurs dizaines de mètres. Le vent et les projections d’eau fouettaient mon visage. Je cherchai au loin un passage, si tenté qu’il y en ait un, mais la cascade nous barrait la route. Je me retournai vers Lucifer, interrogative. Il pointa un doigt en direction de la chute. En bas.

« Tu plaisantes j’espère. Si les âmes arrivent par-là, il ne faut pas que je remonte le fleuve plutôt ?

— L’accès direct se situe sous la cascade », déclara-t-il, implacable.

Sur ce sommet exposé à la vue de tous, ce n’était pas le moment de tergiverser. Si le fracas assourdissant de l’eau masquait celui des guetteurs, mes yeux eux, les voyaient clairement se rapprocher. Je me penchai, à la recherche d’une échelle ou d’un chemin pentu à désescalader. Il n’y avait rien. Je ne comprenais pas par où j’étais censée descendre.

« Quel est ton nom ? 

— Perse. Enchan… »

Je n’eus pas le temps de finir ma phrase. L’Ange me poussa avec une force impressionnante, me projetant plusieurs mètres en arrière. Je vis sa main se lever dans un au revoir, alors que la cascade m’engloutissait.

Une réflexion sur “Ap 18 : « Merdemerdemerde »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.