Ap 24 : « Putain de merde, pas deux jours de suite ! »

Temps de lecture (selon Antidote) : 17 min 42 sec

Dimanche matin. Il n’était pas encore sept heures, je n’avais pas fermé l’œil de la nuit. Ma terreur avait largement surpassé mon dégoût olfactif pour le chat, et je l’avais séquestré au creux de mes bras jusqu’aux premiers rayons de soleil. Il s’était passé beaucoup trop de choses pour que j’arrive à dormir de toute façon. J’étais assise au bureau, gavée d’analgésiques, le chat endormi dans le lit à côté, à préparer une liste pour la journée. Elle n’était pas longue, mais voir une simple colonne à cocher me donnait l’impression d’avoir le contrôle sur quelque chose.

La première étape consistait à me rendre à la boutique de ma mère pour prendre les bons ingrédients, notamment le potassium – et non le permanganate de potassium, une erreur que je ne commettrai pas deux fois – ainsi que tout ce que je pourrais trouver pour m’aider à affronter ce qui allait suivre. Je soupçonnais la visite de courtoisie de la veille de n’être que le commencement.

La deuxième étape impliquait de rejoindre Seth pour récupérer de l’argent, puis enfin, troisième étape : me préparer à la venue des filles. Je ne savais pas ce que j’allais pouvoir leur dire. Pouvoir, dans le sens d’être capable d’expliquer l’inexplicable. Non, il me fallait m’en tenir aux éléments humains : l’arrêt cardiaque de John et Matt, ma mère qui en avait perdu la raison, et ma grand-mère qui… avait été empoisonnée par une entité démoniaque. Bordel, comment pouvais-je raconter ça autrement ? Je m’étirai sur la chaise. Mon cerveau pédalait dans le vide. Autant laisser tomber. Je trouverais une explication vaseuse à leur servir sur le moment.

Dans la douche, mon esprit repassait en boucle les images de la créature. Je restai un moment devant la penderie, incapable de me concentrer sur autre chose que ces mains rouges et suintantes, aux ongles longs et acérés. Je roulai en boule la chemise déchiquetée dans le dos, et la jetai dans la corbeille. Il y a deux semaines à peine, tout était encore normal. Il y a deux semaines encore, Matt m’aurait gueulé dessus parce que j’étais dans sa chambre à lui piquer ses chemises. Je soupirai.

J’enfilai un jean propre, bien que déchiré aux genoux, un long tee-shirt noir qui couvrait mes bandages, et une chemise à carreaux. Je tressai mes cheveux, mis mes bracelets et bagues, une paire de créoles en argent et me maquillai pour camoufler mes cernes. C’était dérisoire et salutaire en même temps. Je devais continuer malgré tout, et je m’accrochai à ce semblant de normalité. Je descendis boire un café tout en préparant mon sac à dos. Je laçai mes bottines, mis un bonnet, ainsi que le blouson aviateur de Matt. Il était moche, mais il tenait chaud.

Le chat leva une tête ébouriffée au moment où je le soulevai, l’arrachant à son sommeil. Il ouvrit un œil, mais ne protesta pas alors que je le portais jusqu’au salon. Il ne protesta pas non plus lorsque je le plaçai dans mon sac à dos dont j’avais découpé une ouverture sur le devant. Il comprit ce que j’avais à l’esprit, fit quelques tours sur lui-même, s’allongea sur le pull posé au fond et sortit sa tête par le trou.

Après ce qu’il s’était passé, il était hors de question que je me sépare de ce mini pourfendeur de démons. Il ne ressemblait en rien au valeureux guerrier que j’avais espéré, mais à défaut de mieux, je m’en contenterais. Je me demandais ce qu’il était passé dans la tête de Lucifer de m’envoyer un chat-démon pour me protéger de Bel. Quelle blague. Au moins, il était pratique à transporter.

Dans le bus, les gens se poussèrent en se bouchant le nez à notre passage. En descendant à l’arrêt du centre-ville, je les entendis souffler et reprendre leur respiration. Pratique à transporter oui, discret, moins. La boutique ésotérique sentait le patchouli et la cire de bougie. Je fouillai le coffre qui avait contenu le manuscrit. Je pris toutes les fioles qui s’y trouvaient. Sur une étagère, je choisis un livre sur les démons et djinns, un manuel d’invocations, ainsi qu’un épais volume qui s’intitulait Enchantements et rituels de protection pour les nuls. Je ne m’attardai pas plus, et montai dans le bus suivant. Une main appuyée contre mes côtes, l’autre agrippée au siège en face, je serrai les dents sur la route cahoteuse qui menait à l’ancien quartier industriel, en bordure de la ville.

En 1885, l’arrivée du chemin de fer du Canadien Pacifique avait favorisé l’essor économique de la ville, qui était devenue un poste avancé dans la traite des fourrures, avant d’être racheté par la Compagnie de la Baie d’Hudson. De nombreux travailleurs d’Asie vinrent s’installer ici. Depuis, leur descendance s’était dispersée dans toute la région, mais ce quartier populaire avait conservé son marché traditionnel chinois. Mon ventre grommela rien qu’à l’idée d’y manger des fèves de soya, mais le marché était fermé aujourd’hui. Ses rues vides, en ce onze novembre, m’apparurent carrément glauques.

Je vérifiai l’adresse affichée sur le GPS de mon téléphone, parcourus deux rues sordides avant de m’enfoncer dans une ruelle plus sordide encore. Dans quoi est-ce que je mettais les pieds ? Ça puait comme un début de film d’horreur. Je réprimai un frisson. Il faisait jour, je n’avais pas à m’inquiéter. Je retrouvai Seth au fond de cette ruelle, devant la porte d’une vieille maison à étages. Coincée entre deux bâtiments modernes, elle faisait de la résistance architecturale.

« Bonjour Perse, merci de m’avoir rejoint. Je suis désolé de t’avoir fait déplacer aussi loin, surtout dans ton état. Comment te portes-tu ?

— Bien, merci. C’est encore douloureux, mais je gère, mentis-je en avalant à la volée un trio d’analgésiques.

— Je suis ravi de l’apprendre. Je suis ici pour rendre un service à l’évêque, mais si tu as la patience de m’attendre, je peux te raccompagner en voiture après. Cela ne devrait pas durer longtemps. » 

Avec mes côtes en convalescence, la proposition était tentante. J’acquiesçai et posai mon sac de livres à terre. Je m’apprêtai à m’asseoir sur le trottoir lorsqu’il me retint, m’invitant à l’accompagner à l’intérieur.

« Quel genre de service tu dois rendre à un évêque ? demandai-je en marquant une pause devant la porte ébréchée.

— Un paroissien s’inquiète pour le fils de cette famille. Selon lui, il serait possédé par le démon. »

Je déglutis. Seth fut surpris de me voir choquée. Il m’avait connue athée, et ne pouvait pas savoir que les dernières semaines avaient complètement changé mon avis sur ce sujet. Mais je ne croyais pas. Je savais. C’était différent.

« Le prêtre étant absent, il m’a demandé de leur rendre visite à sa place, reprit-il.

— Tu vas l’exorciser ? m’étranglai-je.

— Mais non, se moqua-t-il. Je viens simplement mener une première enquête, pour déterminer si cet enfant a besoin d’un médecin ou d’un exorciste.

— Ça ne te fait pas peur ?

— Non. Le plus souvent, il s’agit de problèmes familiaux. Quelques fois, psychologiques. Et je dois avouer que, même si je crois au Diable, je ne crois pas aux démons. » 

Je ricanai. Voilà que j’étais devenue plus croyante qu’un séminariste, c’était risible. Il releva un sourcil avant de hausser les épaules. Si seulement j’avais pu lui raconter ce que j’avais vu, il n’aurait pas été aussi décontracté.

Seth frappa à la porte, qui émit un grincement lugubre en s’entrebâillant. Elle n’était pas fermée. Je fixai Seth, envahie d’un doute affreux. Et si la créature rouge aux griffes acérées était là ? Les poils de mes bras se dressèrent.

Nous entrâmes dans la maison en appelant une « Madame Lucas » qui ne répondait pas. Je m’aventurai jusqu’à la cuisine à sa recherche, pendant que Seth jetait un œil dans le salon. En poussant la porte, je manquai de vomir. L’odeur qui embaumait cette pièce était aussi fétide que le chat. Je rebroussai chemin ; elle n’était pas dans la cuisine. Seth alla vérifier à l’étage. Malgré mes appréhensions, je le suivais de près dans les escaliers. Le chat s’agita dans mon dos.

« Reste sage », murmurai-je.

Seth inspecta plusieurs pièces vides puis se dirigea vers la dernière fermée.

« Madame Lucas, vous êtes là ? Je suis le père Hawkins.

— “ Père ” ? chuchotai-je, c’est pas un peu prématuré ?

— C’est un raccourci compréhensible et convenable », me souffla-t-il en retour.

Nous entrâmes dans une chambre sombre. Les rideaux avaient été tirés, mais le soleil passait à travers les nombreuses déchirures du tissu. Un petit garçon était assis sur un tapis, à jouer avec des figurines. Je soufflai. Aucune créature rouge. Mais aucun signe de sa mère non plus. Seth s’accroupit à sa hauteur et s’adressa à lui avec douceur. Il lui demanda où était sa maman, mais le petit garçon l’ignorait complètement. Il jouait avec ses figurines comme s’il était seul.

Quelque chose dans ce tableau me dérangea. Le couvre-lit avait perdu depuis longtemps ses couleurs. Le tapis persan était grisâtre. Je détaillai plus en profondeur la pièce. Des toiles d’araignées poussiéreuses flottaient dans les angles des murs et pendaient sur les poutres. Nos pas avaient laissé des traces sur le sol, mais il n’y avait pas d’autres traces que les nôtres. Ce n’était pas normal. Je passai un doigt curieux sur le rebord de la commode à ma gauche. La couche de poussière était bien trop épaisse pour une famille qui était censée vivre ici.

Sa petite voiture émit un grincement, comme pour attirer mon attention. Il ne disait toujours rien. Seth souleva une mèche de cheveux qui cachait son visage. D’étranges veines noires s’étendaient de ses oreilles à ses pommettes. Je repensai à Roberta, encore en quarantaine. L’infection dont elle souffrait ressemblait un peu trop à celle-ci.

« Putain… », soufflai-je.

Le petit s’immobilisa et ses jouets retombèrent sur le sol dans un nuage de poussière. Il leva la tête vers moi. Le chat se remit à s’agiter dans mon dos. Au moment où je posai le sac pour l’en faire sortir, prise d’un mauvais pressentiment, l’enfant changea. Les veines de sa joue se mirent à palpiter, et les filaments qui se dessinaient sur son épiderme infiltrèrent ses yeux. Ses pupilles se dilatèrent jusqu’à noyer le bleu de ses prunelles dans un noir abyssal. Il émit un sifflement strident entre ses dents. Seth sursauta.

Soudain, le gosse se rua vers moi en grognant. Seth tenta de le retenir, tout en me jetant des coups d’œil affolés. J’étais pétrifiée. J’avais dit que ça puait ! Le gamin hurla comme un possédé. Ses dents étaient noires et pourries jusqu’à l’os. L’une d’elles tomba lorsqu’il tira la langue pour laper le bas de son menton.

« Il a la peste, bordel ! » criai-je.

Le chat feulait et grattait dans le sac pour en sortir. J’étais terrifiée. C’était quoi cette scène surréaliste ? Ce n’était qu’un gosse, bordel. Seth avait de plus en plus de mal à le retenir. Le gamin avançait, ses yeux noirs fixés sur moi. Le sol ploya sous ses pas alors qu’il devait peser à peine quinze kilos. Seth entoura l’enfant de ses bras dans un étau tout en lui parlant pour essayer de le calmer.

Lorsque ses pupilles se mirent à briller de rouge, je sursautai à mon tour. Le gamin se débattait en poussant d’infâmes sifflements. Seth tenait bon, mais transpirait à grosses gouttes et la panique se lisait sur son visage blême. Puis, à bout de patience, l’enfant ouvrit subitement les bras et se dégagea de son emprise d’un seul mouvement. Il se retourna et le gifla si fort que Seth fut projeté à l’autre bout de la pièce, sur le mur en lambris qui s’enfonça sous l’impact.

Je courus vers lui. Son visage était tranché du front jusqu’au menton, et son œil, fendu au centre de sa pupille. Il pissait le sang. Je ne savais pas quoi faire. Qu’est-ce que… comment… ? Nous sursautâmes lorsqu’il émit un nouveau sifflement. L’instant d’après, il était à nos côtés, la main levée. Je retins son bras à quelques centimètres à peine de mon visage. Ses minuscules ongles ensanglantés gigotaient frénétiquement pour atteindre mes yeux. Seth s’agrippa à mon épaule, complètement paniqué. Mes doigts serraient de toutes leurs forces pour le contenir. C’est alors qu’ils devinrent noirs.

Peu à peu, ma main, mon poignet et mon bras en entier s’assombrirent et se craquelèrent pour laisser apparaître une peau de lave, orange comme la surface du soleil. Quelques symboles se dessinèrent autour de mon coude. L’enfant hurla de douleur et je le lâchai. C’était quoi ça, encore ? Mon bras reprit forme humaine en quelques secondes. Je ne vis pas le gamin revenir à la charge. D’un seul coup, je fus projetée à l’autre bout de la pièce. Sonnée par le choc, la tête me tournait. J’avais mal partout, et des milliers de points noirs papillonnaient devant mes yeux.

Le gamin me fixait de ses yeux rouges lorsque son visage se tordit en un supplice. Il se mit à se griffer le corps, déchirant sa peau en lambeaux. Seth essaya de se relever, une main sur son visage ensanglanté. Le hurlement lugubre reprit. L’encre se répandit dans ses yeux qui en devinrent intégralement noirs. Ses globes oculaires débordèrent et coulèrent le long de ses joues. On était mal. Il nous fallait un exorciste, et de toute urgence. Au comble de l’horreur, il tourna vivement la nuque qui se brisa avec un insupportable craquement d’os. Ses épaules se disloquèrent. Son cerveau semblait pousser sous son crâne pour sortir. Son corps se mit à gonfler par endroit. Seth et moi étions plongés dans un mutisme de terreur. Sa peau se craquelait et se déchirait de toutes parts.

À cet instant, ce n’était plus un exorciste, mais un putain de coup de fusil en travers de la gueule qu’il lui fallait.

La peau de son front se craquela. Ses yeux se révulsèrent et sa mâchoire tomba au sol, rebondissant sur elle-même jusqu’à mes pieds. De Seth ou moi, je n’aurais su dire qui hurla le plus. Les griffures qu’il s’était infligées s’ouvrirent sur une peau noire. Le petit garçon au visage cauchemardesque avança d’un pas dans la marre de son sang. Un autre craquement d’os survint, et une patte de crabe géante sortit de sa hanche pour se planter dans le parquet. Les lattes explosèrent sous le choc. Je reculai, hystérique, en pédalant dans le vide.

J’entendis Seth dégueuler. Une autre patte jaillit de sa bouche, et son corps éclata dans un jet de sang qui recouvra chaque parcelle de la pièce, moi y compris. La bile me monta dans la gorge, je manquai de vomir à mon tour. Sous l’apparence innocente d’un enfant d’à peine cinq ans se cachait un démon.

« Putain de merde, pas deux jours de suite ! »

La peau du gamin glissa le long du corps du monstre et retomba au sol dans un bruit mou et floche. Je gerbai. Au milieu de ce corps informe aux multiples pattes tranchantes se trouvait un œil géant, qui bougeait à toute vitesse dans son orbite encerclée de dents et de poils. Dans un mouvement brusque, le grand œil se fixa sur moi. Je cessai de respirer. Lorsque le démon déploya ses pattes et se rétracta sur lui-même, comme une araignée se préparant à sauter, je glissai dans ses restes, les mains baignant dans le sang. Il y eut un curieux bruit de fermeture éclair. Le démon se rua dans ma direction tandis que je hurlai de tout mon souffle.

Ses pattes dérapèrent en freinant à quelques centimètres de moi. Je reçus un morceau de latte en plein dans le front. Une imposante respiration dans mon dos fit voleter ma tresse. Une ombre se dessina sur le sol et s’éleva sur le monstre qui suivait son mouvement de son grand œil stupéfié. Bientôt, le monstre fut immergé sous cette ombre. Un grognement de gros carnivore rugit en arrière. Incapable de me retourner, je jetai un dernier regard à Seth, pétrifié et blessé contre le mur. Son œil ensanglanté brillait d’une faible lueur jaune.

S’ils étaient deux cette fois, aucun de nous ne s’en sortirait vivant.

Un pied aussi large que la commode se posa à ma droite. Un autre apparut à ma gauche, m’encerclant. Je levai les yeux sur une masse à la peau bleue. Beaucoup trop grand pour rentrer dans la pièce, il se tenait courbé. Son dos frottait contre le plafond. Il s’abaissa au-dessus de moi et plaça une main gigantesque au sol. Elle racla doucement le parquet et se referma à moitié sur moi, tel un bouclier protecteur.

Je gardai un œil sur le démon-crabe, aussi perplexe que moi.

Sans attendre, le démon bleu leva son autre main et l’abattit en un éclair sur le crabe. Je me roulai en boule. Il y eut un effroyable bruit juteux, puis, plus rien. Je me redressai pour contempler les dégâts. Le monstre avait été pulvérisé sur le sol, réduit en purée en une seule seconde. Son corps broyé était répandu dans toute la pièce. Seth, couvert de sang et d’une épaisse gelée violette, était fixé sur le géant au-dessus de moi.

Il secoua la main pour se débarrasser des restes de la créature, tenta de se redresser, mais se cogna au plafond. Je levai les bras pour me protéger des éclats de bois qui se détachèrent des poutres et retombèrent autour de moi.

« Construction de merde », pesta-t-il.

Je me retournai. Sa musculature était impressionnante. Sa peau était tracée par un amoncellement de veines. Il ressemblait à Hulk, mais en bleu. Il prit une inspiration, et son corps se réduit jusqu’à atteindre la hauteur de mon sac, pas plus haut qu’une quarantaine de centimètres. Son crâne plat était encadré par deux cornes de taureau. Il avait de petits yeux jaunes, pas de nez, et une bouche tordue. Un démon buffle en format de poche.

Il se pencha dans mon sac et en sortit une fourrure grisâtre. Il enfila une jambe après l’autre, passa ses bras dans les manches, enfourna sa tête cornue qu’il replaça pour les faire entrer dans chaque oreille, et se zippa le dos. Le chat, à nouveau lui-même, toussa en prenant soin d’éviter mon regard.

« Bon, et bien, je crois que c’est le moment de dire Il faut qu’on parle », déclara-t-il enfin.

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