Ap 26 : « itsi-bitsi-tiny Loki »

Temps de lecture (selon Antidote) : 16 min 38 sec

J’arrivai à la maison avec Azazel un peu avant midi. Seth nous avait déposés devant le portail. Il était déterminé comme jamais, j’étais plus défoncée que jamais, quant au chat… je ne savais pas du tout quoi penser de ce chat. Égal à lui-même, je suppose, il secoua sa petite patte touffue pour dire au revoir à Seth, tout en marmonnant qu’il était l’humain le plus con qui lui ait été donné de rencontrer.

« Elles arrivent à quelle heure tes gonzesses ? »

Je soupirai. Il rentra, mais je restai sur le perron pour réaliser les exercices de respiration que m’avait imposée le Docteur Hussain. Tousser, inspirer et expirer longuement, pour garder ouverts les sacs d’air des poumons. C’était également une bonne excuse pour être seule et réfléchir. Je fermai les yeux. La tête me tournait. Les informations d’Azazel se brouillaient dans le trop-plein général de mon cerveau qui ne parvenait plus à suivre. Il fallait que je mange quelque chose. Je n’avais pas particulièrement faim, mais mes vertiges demandaient de la nourriture pour se calmer. J’avais pris trop de cachets pour un estomac aussi vide.

Azazel leva une oreille en me voyant dans la cuisine. En rangeant les dernières courses que j’avais laissées en vrac sur le comptoir, je pestai. La boite de haricots avait passé la date limite de quatre mois. Le chat m’observa cuisiner un steak haché et faire sauter des pommes de terre. Devant son regard insistant, j’ajoutai un steak dans la poêle. Il se mit à ronronner. C’était déstabilisant de le voir agir de la sorte, en sachant qu’un monstre bleu de quatre mètres se dissimulait sous cette fourrure.

« Tu veux boire quelque chose avec ? Un verre de lait, peut-être ? »

Il me lorgna de son regard le plus dubitatif. C’était fou à quel point il pouvait être expressif. Je posai l’assiette à côté de lui.

« Je sais que t’es encore défoncée, mais tu te rappelles que je ne suis pas vraiment un chat, n’est-ce pas ?

— C’était pour plaisanter, grommelai-je, la tête enfoncée dans le réfrigérateur.

— Tu sais quoi, à la réflexion, je prendrais bien un verre de lait de poule, j’ai vu une bouteille de whisky traîner au fond d’un placard. »

D’un mouvement machinal, je tentai d’attraper la brique achetée la veille. Ma main n’agrippa que du vide. Je regardai sur l’étagère de la porte, mais rien. Il n’y avait pas de brique. Pourtant, j’étais sûre de l’y avoir rangée. J’ouvris et fermai le réfrigérateur à plusieurs reprises, sans comprendre.

« Y’a vraiment pas la lumière à tous les étages, chez toi… », commenta Azazel en mâchouillant son steak.

Après manger, je mis en route la cafetière avant d’aller prendre une douche. L’eau rougeâtre qui tourbillonnait jusqu’au siphon m’absorbait. Mes cheveux collaient dans mon dos jusqu’au bas de mes hanches. Je les démêlai d’un mouvement machinal, l’esprit bloqué sur l’eau qui s’écoulait. À quoi je ressemblerais en chien de l’Enfer ? À Sërb, mais en blond ? Je me transformerais peut-être en labrador, ou en golden retriever. Je peignai mes longueurs avec application. Un lévrier afghan ? Non. C’était absurde. Les cheveux de Sërb étaient aussi longs que les miens, et cela n’avait aucune incidence sur la longueur de son pelage.

Dans le miroir embué se reflétait l’image d’une jeune femme perdue. Je ne me reconnaissais pas. Mes cernes reposaient sur mes pommettes comme deux sacs mauves. Je relevai mes lèvres pour inspecter mes dents. Est-ce que j’aurais des crocs ?

La porte de la salle de bain grinça.

« Mais qu’est-ce que tu fous, gamine ? Ça fait une heure que t’es là-dedans. »

Le chat passa sa tête et me toisa de haut en bas. Il me fallut quelques secondes avant de réaliser. J’attrapai une serviette pour cacher mon corps nu en hurlant, avant de lui claquer la porte au nez.

« Putain, mais l’intimité, tu connais pas ? » pestai-je à travers la porte.

Je nouai mes cheveux et m’habillai en mou avant de redescendre. Les placards étaient ouverts. Du café était renversé tout autour de la cafetière. Le chat, assis sur le comptoir avec une tasse, me tournait le dos et faisait semblant de ne pas m’avoir entendue. Je rangeai son bordel en maugréant, puis m’attelai à celui que j’avais laissé dans la salle à manger. Je fourrai le tout à la va-vite dans une caisse, avec les ingrédients ramenés de la boutique, que je glissai sous la petite table dans l’angle. Je terminai en rangeant les livres obscurs avec ceux du buffet en bas de l’escalier. J’étais prête à les recevoir.

Les filles arrivèrent à deux heures et quart précises. Dissimulée derrière le rideau, j’appréhendais leur venue. Pourvu qu’elles passent la barrière, me répétai-je. Azazel, lui, se tenait sur le perron, à surveiller leur arrivée.

Je les entendis discuter dans la rue. Élise, de sa voix à la fois chantante et autoritaire, se retourna vers le groupe, une main sur le muret.

« Rappelez-vous, on en parle que si elle aborde le sujet en premier, d’accord ? Ça doit être tellement dur pour elle… On doit la soutenir.

— Lui remonter le moral et lui rappeler qu’on est toutes là pour elle. On sait, ne t’inquiète pas », continua Sasha en passant le portail.

Mon cœur se serra en les entendant. Trop occupée à penser à moi et à mes problèmes, je n’avais pas pensé qu’elles puissent s’inquiéter à ce point. Lorsqu’elles furent toutes dans le jardin qui encadrait l’allée devant la maison, à quelques mètres des escaliers, je retins mon souffle. Sasha et Élise grimpèrent la première marche sans s’apercevoir de rien. Je soufflai, et leur ouvris la porte avec soulagement.

Max s’arrêta un instant devant le tracé de sel. Elle toisa le chat en fronçant les sourcils. Je retenais à nouveau mon souffle. Jade lui passa devant et se précipita pour le câliner. Je n’eus pas le temps de la prévenir. Elle fronça le nez, le chat déjà étouffé entre ses bras.

« Peluche ! … wow… Il a besoin d’un bain », dit-elle d’un air dégoûté, sans pour autant le lâcher. 

Max souffla en même temps que moi. Elle posa un pied sur le bois et grimpa les marches d’un pas peu assuré. Peut-être qu’elle était allergique, ou qu’elle n’aimait simplement pas les chats. Ce qui n’était clairement pas le cas de Jade qui s’obstinait à le serrer contre elle en dépit de son odeur. Azazel baissa les oreilles. Jade était la plus jeune et la plus enthousiaste du groupe. Leur visite s’annonçait longue pour lui. Je dus me retenir de sourire.

Les filles s’installèrent dans le salon, pendant que je guettais encore l’arrivée de Nola. C’était bien son genre d’être en retard.

« Pas la peine de l’attendre, elle ne viendra pas », m’informa Sasha, déjà à l’œuvre dans la cuisine à préparer du thé.

Jade sortit une boite en plastique de son sac. Elle contenait un assortiment intéressant de cookies trop cuits, et d’autres, pas assez. Il y en avait aux pépites de chocolat, d’autres aux raisins, et j’en soupçonnais quelques-uns d’être tout bonnement immangeables. Je la remerciai, mais me gardai d’y toucher.

Elle s’installa aux pieds d’Élise, adossée au canapé, le chat sur les jambes, à lui tirer sur les moustaches. Elle arborait une chevelure d’un vert profond, fraîchement teint. Cela lui allait mieux que le bleu précédent.

Contrairement à ses habitudes, Max ne s’assit pas à ses côtés, mais sur le canapé adjacent. Sous une franche rose coupée en biais, ses yeux faisaient des allers-retours entre Azazel et moi.

« Bon, commença Sasha en posant un plateau sur la table basse. Tu devais m’appeler, mais aucune nouvelle depuis deux semaines. Tu te doutes bien qu’on n’allait pas faire comme si de rien n’était, surtout qu’on a appris que tu sortais de l’hôpital. Alors. Comment tu te sens ?

— Je crois que je vais bien. Mieux, en tout cas.

— T’es sure ? T’as l’air de tenir à peine debout. Est-ce que t’es stone ? »

Azazel pouffa. Élise, qui s’apprêtait à se servir du thé, eut une hésitation.

« Un peu, ouais, repris-je vivement pour retenir l’attention sur moi. Je me suis fracturé des côtes en tombant dans les escaliers, je dois prendre des antidouleurs.

— … à qui joue les boustifailleurs avec les antidouleurs… ça pétille sur les papilles », se mit à chantonner Max.

Le chat dressa ses oreilles et toisa Max de ses pupilles dilatées. Jade écrasa sa main sur son crâne de peluche en fredonnant sur le même air que sa compagne.

« Je suis désolé de vous avoir mises de côté. J’avais besoin d’être un peu seule, pour encaisser… tout ça. Et juste après, l’accident bête. Tu sais ce qu’on dit…

— “ Sinon ce serait pas drôle ” ?

— Voilà.

— Si-sit, fit Max en tapotant le coussin à côté d’elle en guise d’invitation.

— Au fait, pourquoi Nola n’est pas venue, elle est encore punie ?

— Pire : elle boude.

— Elle fait du bouddhisme parce que son itsi-bitsi-tiny Loki s’est fait la malle à la soirée, répliqua ma voisine en souriant. Sans ticket d’embarquement. Direct dans la soute.

— Hein ?

— Figure-toi qu’il l’a rembarré dès que tu t’es endormie devant le feu, ria Sasha. Ce mec a préféré aider Jax à te coucher dans ta tente plutôt que de jouer à touche-pipi avec elle. La tête qu’elle a faite quand il t’a porté dans ses bras, ça valait de l’or. Il est parti avec le reste des gars peu après, et elle s’est couchée toute seule en boudant. Elle se tournait tellement sur sa bâche en plastique que j’ai cru que je n’arriverai jamais à m’endormir.

— Mais j’y suis pour rien ! Déjà qu’elle m’aimait pas spécialement, ça va pas arranger les choses.

— Nola n’aime personne à part elle, alors relax. Mais c’est dommage que tu te sois endormie aussi vite pour une fois, alors que tu aurais pu passer une nuit torride avec le squelettique mais charismatique dieu asgardien.

— … à vous faire des bisous ! s’écria Jade en embrassant le chat devant nos têtes écœurées.

— Et ton nom sera Sigyn car il est comme toi, prophétisa Max en me donnant un coup de coude entendu comme si j’avais la moindre idée de ce qu’elle racontait encore.

— Je ne pense pas qu’il… commençai-je en repensant à Nola collée contre lui.

— Non mais toi tu ne vois jamais rien, me coupa Sasha. Loki a passé la soirée à te mater. Sans compter qu’il s’est empressé de voir si tu allais bien alors que tu tanguais autant qu’un irlandais qui sort du pub à quatre heures du matin. Tu ne te souviens pas de votre petite balade dans les bois ? Vous êtes aussi bizarres l’un que l’autre, vous iriez bien ensemble. Je l’annonce : le couple Maigrichon et Gros-cul sera le couple de l’année !

— … J’ai pas un gros cul.

— Merci de valider ma prédiction, dit-elle avec un clin d’œil malicieux. Et si, t’as un gros cul. Sa largeur dépasse celle de tes épaules.

Eh ! 

— Et Nola n’a pas de seins, comme ma chérie ! sourit démesurément Jade. Et puis Sasha a de la moustache ! 

— Merci de la précision, grinça la concernée. De toute façon, on le sait, il n’y a que notre Lili qui est parfaite.

— D’ailleurs ! Élise, l’interpellai-je pour changer de sujet. Comment ça avance avec Gabriel ?

— C’est… pas gagné, avoua-t-elle. Je suis sûre qu’il m’aime bien, mais en dehors de me tenir la main, il ne se passe rien de plus, et c’est pas faute d’avoir tenté plusieurs approches.

— Il sent la pomme, tu devrais laisser tomber, trancha Max en claquant une bulle de chewing-gum.

— Je vais me faire l’avocat du diable, pour une fois. Comme je lui ai parlé récemment parce qu’il m’a aidé à porter mes courses, je lui donne un point pour sa gentillesse. Il m’a raconté un peu son histoire familiale, c’est un truc de dingue ! Il était vraiment enfermé avec des fanatiques religieux. Ça doit pas être simple pour lui de se retrouver propulsé dans le monde moderne. Mais il a l’air de beaucoup t’apprécier. Donne-lui du temps, c’est tout.

— Persy qui plaide pour le blondinet qu’elle ne pouvait pas encadrer, alors celle-là… souffla Sasha, les yeux ronds comme des billes derrière ses lunettes.

— Il est dans ton lycée, tu pourrais pas m’aider et prêcher pour ma paroisse ? Il est tellement adorable, je vous jure les filles, c’est pas la peine de ricaner comme des harpies, ce mec est un ange.

— Ah, Sainte Élise. Elle recueille et prend soin des gars les plus paumés tant qu’ils ressemblent à des gravures de mode, se moqua Sasha. Le dernier sortait d’où, déjà ? Ah oui, de cure de désintox. Mais, j’avoue, il avait des abdos aussi proéminents que des prises d’escalades. Normal que t’aies eu envie de lui grimper dessus. » 

Élise afficha une attendrissante moue boudeuse, les doigts entrelacés dans les cheveux verts de Jade. Sasha éclata de rire. Max se remit en chantonner des phrases insensées en se tournant sur le canapé jusqu’à avoir la tête en bas et les pieds au-dessus du dossier. Le rire qui sortit alors d’elle, dans cette position improbable, nous entraîna dans un fou rire général.

Ça faisait de bien de rire. Malgré mes côtes qui se réveillaient, j’étais reconnaissante pour ce moment. Malheureusement, il ne pouvait durer. Mon torse fut comme écrasé, et dans une contraction atroce, je vomis des flots de sang sur le parquet. Un morceau de steak s’invita au milieu, pour compléter le tableau déjà immonde. Les rires cessèrent immédiatement.

Max se redressa et retint ma natte de tomber dans la mare rouge. Élise et Sasha se dressèrent, affolées, mais le reflux s’était déjà calmé. Je m’excusai et courus jusqu’à la salle de bain pour me nettoyer.

Cet interlude sanglant avait eu le mérite de me remettre les idées en place. Je m’observai dans le miroir. Mes pupilles étaient encore dilatées, mais l’effet des cachets s’était estompé. Alors, comme à chaque fois que mon estomac faisait des siennes, je retirai mon tee-shirt et le balançai directement dans la poubelle. Essayer d’en faire partir les tâches était devenue un tonneau des Danaïdes. Je n’essayais même plus. Je me lavai sommairement le visage et me changeai avant de redescendre. Évidemment, au salon, un vent de panique avait soufflé.

Je les rassurai du mieux que je le pus, allant jusqu’à prétexter que c’était parfaitement normal après ma chute dans les escaliers. Mon estomac avait été déchiré, mes côtes étaient en train de se reconstruire, et tout reviendrait à la normale d’ici quelques semaines. Je devais juste me reposer. Max murmura à l’oreille d’Élise, et celle-ci initia un repli stratégique, « pour mon bien ». Sasha attendit que les autres soient déjà sur le perron pour me serrer avec douceur dans ses bras.

« Appelle-moi s’il te plaît, je m’inquiète. »

En passant la porte, elle me sembla préoccupée. Elle se retourna plusieurs fois vers moi en fronçant les sourcils. Je les saluais depuis le perron, heureuse de leur visite. Les voir et reprendre, le temps d’un instant, une vie normale m’avait remonté le moral.

« Alors c’est qui, ce Loki ? » s’enquit Azazel d’un air moqueur.

Je refermai la porte en levant les yeux au ciel.

« Rien qui ne te concerne. Bon. Verdict ?

Mmh. Tes amies sont humaines. Pas d’infection de démon en vue. Mais cette fille avec les cheveux roses… je ne sais pas quoi en penser. Elle m’a fait une impression étrange.

— Elle fait cet effet à tout le monde. Max et Jade sont perchées. Même si, en ce qui concerne Jade, ça s’explique surtout parce qu’elle n’a que quinze ans.

— Peut-être. Il reste à vérifier cette Nola.

— Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai le pressentiment que tu vas l’adorer. »

Il me regarda ricaner en abaissant une oreille. Dommage qu’il ne puisse pas lui parler. Avec leurs caractères, ça aurait fait des étincelles.

La nuit était déjà bien avancée, pourtant, je ne dormais pas. Assise dans mon lit, le dos confortablement appuyé sur une colonne d’oreillers moelleux, mes yeux étaient grands ouverts. Azazel procédait à une toilette méthodique. Je ne pouvais m’empêcher de le fixer avec un certain dégoût, car ce petit enfoiré était tout sauf un chat.

« Quoi ?

— Rien. »

Pourquoi restait-il là, à agir en félin, comme si de rien n’était ? Son comportement me laissait perplexe.

« QUOI ?

— Rien !

— Tu comptes me mater encore longtemps comme ça ? demanda-t-il, une patte en l’air.

— J’aimerais bien savoir ce que tu fiches sur mon plumard.

— Je suis bien là.

— … sur mon plumard.

— Oui, gamine, sur ton plumard. Il est confortable ton plumard. Hier ça ne t’a pas dérangé que je sois dans ton plumard, fit-il en dévoilant ses crocs dans un rictus. La chambre du fond pue la vieille bique, et puis de toute façon, c’est le meilleur moyen de garder un œil sur toi, alors pète un coup et dors. » 

Il se roula en boule contre mes pieds et prit une grande inspiration. Comment pouvait-il tenir dans ce costume, n’était-il pas à l’étroit à l’intérieur ?

« Pourquoi un chat ?

— Encore un pourquoi, grommela-t-il dans sa fourrure. Une idée de Bael à la base, ça a même lancé une mode, en Égypte notamment. Grande époque. Dans votre monde, y’a pas plus peinard qu’un chat. Nourri, logé, et tout ça à l’œil. La forme parfaite pour prendre des vacances. »

J’acquiesçai. Son raisonnement se tenait. Je finis par m’enfoncer sous la couette, le poussant du pied par inadvertance. Il grogna, puis se mit à ronfler. Il n’était pas croyable… Je m’endormis en me demandant pourquoi Lucifer me l’avait envoyé.

La lumière de la clairière m’éblouit. Allongée dans l’herbe, je fulminai. Il fallait vraiment que ça s’arrête. J’en étais venue à regretter mes problèmes d’insomnies.

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