Ap 28 : « Tu ne dois pas invoquer le diable, c’est mal ! »

Temps de lecture (selon Antidote) : 18 min 47 sec

Mardi matin, armée de ma tisane, je me sentais plus vaillante que jamais. Ni les démons ni les spectres ne pouvaient plus me détecter. Je fixai mes ongles. Avant la fin du premier cours, leur couleur se dissipa. Je sortis mon thermos et repris une gorgée. Ils redevinrent aussi noirs que du charbon. Un coup d’œil à ma montre m’apprit que son effet durait donc deux heures. C’était peu, mais j’étais toutefois ravie. Ça fonctionnait. J’étais en sécurité. Je relevai la tête vers le tableau en souriant. L’une des filles populaires me regarda comme si j’étais demeurée. Je cessai de sourire dans le vide, et repris ma contemplation ongulaire. Cet effet esthétique allait être extrêmement pratique.

Gabriel vint me trouver dans le couloir des casiers pour m’inviter à déjeuner ensemble. Il portait son habituelle chemise blanche cintrée, trop guindée pour un gars de notre âge. Il avait cependant ouvert un bouton, dans une tentative maladroite de paraître cool. Je ricanai en me disant qu’il avait dû se ronger les sangs en se demandant si ce bouton en moins ne serait pas trop provocant. Lorsqu’il se baissa pour se mettre à ma hauteur, sa chemise m’offrit une vue plongeante sur son torse massif.

« Alors ? »

Sa bouche se tordit pour se retenir de sourire tandis qu’il s’emmêlait les doigts en attendant ma réponse. Je rangeai mes livres, détournant les yeux un instant de ce torse qui m’avait perturbée plus que je ne l’aurais cru. En me retournant vers lui, je le vis successivement sourire, se raviser, et sourire à nouveau. C’était ridicule. Puis je repensai à ce que Nola lui avait dit.

 « OK pour déjeuner. Et tu peux sourire, je ne te casserai pas les dents pour ça », me moquai-je.

Il baissa la tête et rougit, mais parut soulagé. Il passa une main dans ses cheveux, et une large mèche retomba sur son front. Il releva un sourcil avec un sourire en coin. C’était inattendu. Si je n’avais pas su qu’il avait grandi au milieu des cul-bénis, j’aurais pris ça pour une tentative de drague clichée, tirée directement de ces séries pour ados diffusées en boucle sur les grandes chaînes. Sauf qu’il n’avait jamais dû en regarder une seule.

« Je vais nous garder une place alors », minauda-t-il en me quittant. 

Son changement d’attitude était étrange. Je le suivis des yeux discrètement. Une porte de casier que l’on claque violemment me fit sursauter. Quelques mètres plus loin, le maigrichon refermait son cadenas, la mâchoire serrée. Les lignes anguleuses de son visage se resserraient en pulsant sur ses tempes. Qu’est-ce qui lui prenait, tout à coup ?

Je retrouvai Gabriel au réfectoire, sur la table du fond, côté fenêtres. Lorsque je posai mon plateau en face de lui, il changea immédiatement de place, se rapprocha de moi, et se lança maladroitement dans une conversation sur la météo. Je levai une main entre nous pour lui éviter de se rapprocher derechef. Il parut surpris.

« Oui, il pleut, c’est formidable. Bref. Comment ça se passe avec Élise ? »

Son sourire se crispa, puis il reprit cette attitude très maîtrisée que je détestais. Faire copain-copain avec lui avait un objectif, celui d’aider mon amie. Sans elle, jamais je ne lui aurais adressé la parole. Il me répondit avec une pointe d’exaspération mal dissimulée dans la voix.

« Nous sommes amis. Comme je te l’ai dit, elle s’est montrée très patiente avec moi. Elle m’aide beaucoup à me faire de nouveaux amis. »

Il semblait ne pas comprendre où je voulais en venir. Je me frottai les paupières, réfléchissant à une autre approche, mais il m’empêcha de continuer sur ma lancée en enchaînant sur les films d’horreur que lui avait conseillés Sasha, sur les mangas de Jade, ainsi que les séries à la mode qu’il tentait de rattraper. Il me posa tellement de questions sur ce que je regardais, écoutais, lisais, ou tout simplement aimais, qu’il me fallut moins de cinq minutes pour regretter d’avoir consenti à ce déjeuner. Je soupirai et répondis vaguement à ses questions. En quoi cela pouvait l’intéresser ce que j’aimais ? C’était à propos d’Élise qu’il aurait dû me poser ces questions. La sonnerie du retour en classe mit fin à mon calvaire. 

En sortant de mon dernier cours, j’avalai le restant de tisane pour sécuriser mon retour à la maison. Les doubles portes vitrées de l’entrée principale passées, je découvris la jeep de Sasha garée en travers du parking. Celle-ci était accoudée à la fenêtre, à guetter. Je vis les cheveux roux d’Élise à ses côtés. 

« Ça pour une surprise ! m’enthousiasmai-je en les rejoignant. Que me vaut cette visite en pleine semaine ?

— On est venue te chercher, ça te dit d’aller boire un café ? »

Sasha souriait. Élise, en revanche, semblait soucieuse. Elle ne m’accorda pas un mot ni un regard. Ce n’était pas dans ses habitudes d’être aussi silencieuse. Je grimpai à l’arrière, les informant que je ne pourrais rester très longtemps. Je prétextai une harassante soirée de lectures pour rattraper mon retard. Nous allâmes au diner près du parc Shuswap, rendez-vous habituel lors des jours pluvieux. Élise ne desserra pas les lèvres jusqu’à ce que le serveur ait pris et déposé notre commande sur la table.

« On s’inquiète pour toi. Depuis dimanche, je n’en dors plus.

— Je vais bien, je t’assure. Ces vomissements vont s’arrêter et…

— Je ne te parle pas de ça, lâcha-t-elle brusquement.

— Persy, on a vu les livres de magie noire, précisa Sasha. Tu sais que c’est mon délire, j’adore ce genre de trucs, mais là c’était pas des livres qu’on trouve en librairie pour faire peur aux gamins en mal de sensation forte. Y’a des sortilèges, des invocations très détaillées, c’est du sérieux. Il ne faut pas plaisanter avec ça.

— On s’inquiète qu’avec tout ce qu’il t’est arrivé, tu… comment dire…

— … que tu aies pété un fusible et que tu te sois lancée dans la nécromancie pour ramener Matthew à la vie. Quoi ? fit-elle à Élise qui lui avait jeté un regard noir. C’est pas ça qu’on avait dit ?

— On s’inquiète que tu te réfugies dans un monde irréel et nocif pour ton bien-être mental.

— Ah oui, voilà. C’était peut-être plus ça qu’on avait dit », rectifia Sasha.

Je ne m’étais pas attendue à ça. Je me mordis la lèvre, regrettant de ne pas avoir rangé les livres de Roberta à l’abri des regards. Je me sentais coincée. Si seulement je pouvais leur raconter la vérité… Mais même si elles me croyaient, il valait mieux qu’elles ne sachent rien.

Élise fronçait ses sourcils avec une inquiétude qui me tordait le cœur. J’aurais dû rester sur mon idée de m’éloigner d’elles, dans le cas où j’échouerais. Je soupirai. Peu importait leur sollicitude, je devais les protéger de la vague de merde qui menaçait de m’engloutir.

Sasha se lança dans une tirade très élaborée sur les risques de ce genre de pratique, pendant qu’Élise ponctuait de recommandations sur l’importance de consulter un psychologue pour surmonter mon traumatisme. Elles avaient travaillé leur sujet en amont. Je les laissai parler, les mains croisées sur la table, un œil constamment en alerte sur mes ongles. Ils éclaircissaient à chaque seconde. Lorsque ma peau apparut en transparence sous le gris, mon pied se mit à trembler d’impatience. Il fallait que je rentre me mettre à l’abri du sceau, et vite. J’essayai de couper court à leur intervention, mais Élise insistait. Je me levai.

« Je rentre. Je suis épuisée.

— S’il te plaît, Perse. C’est important.

— Pour qui ? Pour moi ou pour toi ? Observai-je du même ton cinglant que Lucifer m’avait servi. Désolé, la vie c’est pas un kiwi et j’ai pas de temps à perdre à écouter vos conneries.

— … Excuse-moi ? »

Le visage d’Élise se tordit. Un spasme nerveux agita sa paupière qui se mit à cligner frénétiquement. Je réprimai un frisson et quittai la table. J’avais cherché à la vexer, pas à la mettre en rogne. La clochette retentit à trois reprises. Les filles m’emboîtaient le pas malgré la pluie qui tombait dru.

« Perse, reviens ici, grinça Élise. 

— Persy, tu ne dois pas invoquer le diable, c’est mal !

— Sasha !

— Mais quoi ? »

Les filles me suivaient. J’accélérai l’allure pour arriver au plus vite derrière la barrière. La maison n’était qu’à deux pâtés. J’entendais Sasha maugréer que la voiture de sa mère était encore sur le parking et qu’il pleuvait comme vache qui pisse. Les talons d’Élise claquaient bruyamment à chaque pas pour exprimer son irritation. Il est vrai que je marchais vite pour quelqu’un sensé être épuisé. Élise ne supportait pas qu’on lui mente ni qu’on lui manque de respect. Je venais de marquer deux points directs dans le mauvais panier. Je savais que je n’allais pas m’en tirer aussi facilement. Il était rare de la voir énervée. Heureusement, car sa colère était d’un calme glacial. Elle filait les jetons.

Mes ongles blanchissaient à vue d’œil. Le temps pressait. Dans ma précipitation, je heurtai quelque chose qui gémit sous le choc. L’enfant du voisin tomba par terre. Bravo, Persy. Les filles en profitèrent pour me rattraper, pendant que j’aidais le petit à se relever. Élise me gratifia de son plus beau regard réprobateur, qui s’ajoutait à sa colère.

« Tu n’as rien ? Excuse mon amie, elle ne fait pas attention à ce qui l’entoure. »

L’enfant leva les yeux sur moi, et m’offrit son plus large sourire avant d’agripper ma main. Je la retirai vivement. Je n’avais pas le temps de jouer les nounous du voisinage, et le dernier gamin que j’avais croisé avait explosé. Autant rester à bonne distance cette fois.

« Je suis pressée, dis-je froidement.

— Persy, voyons », me rabroua gentiment Sasha.

Le gosse était debout, il n’avait rien, donc je n’avais pas besoin de m’attarder sur son cas. Un coup d’œil à mes ongles : ils étaient redevenus blancs. Fais chier. J’aurais déjà dû être à la maison.

« Il faut vraiment que je rentre. Maintenant », insistai-je.

Je repris le chemin et Sasha se remit à grommeler. Je me retournai pour leur dire qu’elles n’avaient pas à s’inquiéter, mais Élise lançait des éclairs avec ses yeux. Ses longs cheveux roux trempés par la pluie battante lui collaient au visage, ce qui lui donnait un air plus féroce encore.

« On te raccompagne. Aucun. Problème », ajouta-t-elle en observant un silence terrible entre les deux mots.

Un frisson me parcourut l’échine. Ma tête s’enfonça dans mes épaules comme une carapace contre la fureur de la rouquine qui se rapprochait à chaque claquement de talons. Je redoutais la conversation qui s’en suivrait.

Une moto stationnée en plein milieu du trottoir me fit bifurquer sur la route inondée. Il pleuvait trop, le système d’évacuation n’arrivait plus à tenir la cadence. Une immense flaque d’eau sombre barrait la rue d’un bout à l’autre, dans une véritable tranchée fluviale. J’eus alors la désagréable sensation de rater une marche. Ma jambe venait de s’enfoncer jusqu’au genou dans un nid-de-poule étonnamment profond.

Quelque chose me frôla. Je scrutai l’eau trouble. Une liane verdâtre s’enroulait autour de ma cheville. Le bout de cette liane remonta sur mon mollet puis s’ouvrit, devant mes yeux effarés, sur une rangée de dents. Une seconde plus tard, je fus jetée à terre dans la flaque, avant d’être tirée à toute vitesse vers la bouche d’évacuation pluviale. Les filles hurlèrent. Je crus que s’en était fini de moi, que j’allais me faire dévorer par un démon des égouts. Je n’eus pas le temps de m’accrocher quelque part. La liane me tractait jusqu’à son nid, et je ne pouvais rien faire. J’étais un poisson pris sur un hameçon. Mon souffle fut coupé net lorsque mes fesses se coincèrent dans l’étroit passage. Je sentis la liane tirer sur ma jambe, sans succès. Gloire au gros-cul !

« Sortez-moi de là ! », beuglai-je. 

Sasha se précipita pour me tracter par les épaules, mais le monstre faisait de même de son côté. Elle redoubla d’efforts. Lui aussi. J’allais me faire écarteler.

« Lili, viens m’aider ! »

Une deuxième paire de mains vinrent m’agripper sous les bras. Ensemble, elles réussirent à m’extirper hors du trou de béton. La liane était encore enroulée sur ma cheville. Sa bouche en étoile, infestée de petites dents pointues, s’ouvrit à nouveau et se planta dans mon mollet. Elles s’enfoncèrent dans ma chair, en me tirant un cri de douleur. Les filles continuaient ce jeu de la corde pour me sortir entièrement, lorsqu’une moto déboula, klaxonnant avec force. Surprise de nous trouver au beau milieu de la route, elle fit une embardée, glissa sur la chaussée, frotta son pneu contre le trottoir, mais réussit à nous éviter de justesse. 

En passant, la moto faucha la liane qui m’explosa à la figure. Un hurlement strident remonta des profondeurs. Le restant de la liane spongieuse retourna dans l’égout en émettant des couinements. Je retirai le sang sur mon visage du revers de la main. Décidément, les démons avaient une sale manie d’exploser à tout bout de champ. Ils ne se rendaient pas compte du nombre de lessives que cela demandait. Je défis en vitesse le morceau mort autour de mon pied et le renvoyai au loin. Je me relevai avec difficulté. Ce truc m’avait blessée, et ma jambe me faisait trop mal pour m’appuyer dessus.

Sasha et Élise étaient immobiles, les yeux ronds et la bouche grande ouverte. Leurs visages dégoulinaient de sang. Les lunettes de Sasha l’avaient à peine protégée des projections. Je repensai à Seth et à sa blessure. Azazel avait dit que le sang de démon octroyait la capacité de les voir. Sasha tremblait, un doigt tendu vers le trottoir.

Merde.

Un grondement sourd s’éleva, et le sol se mit à vibrer. Des secousses se firent ressentir, provenant des bas-fonds. La bouche d’égout se souleva à chaque coup, avant d’exploser pour laisser apparaître un gigantesque crapaud violet. Sa bouche comptait plusieurs rangées de dents jaunes et pointues comme les vers des sables. Sa peau visqueuse fumait sous la pluie glaciale de novembre. Ce que j’avais pris pour une liane était en fait sa langue. Coupée par le passage de la moto, elle se tortillait dans tous les sens en giclant à tout va. Le crapaud démoniaque grognait, furieux. Le trottoir se pulvérisa lorsqu’il y posa une patte palmée aux doigts épais, et aux extrémités rondes et épaisses comme des pastèques. Il était encore plus impressionnant que ceux que j’avais croisés jusqu’à lors.

Je me tenais devant les filles, les bras ouverts pour les protéger, les intimant à reculer. Sa langue tranchée expulsait des jets de sangs qui revenaient sans cesse nous arroser par vague, comme un pommeau de douche que l’on échappe. Le bras d’Élise apparut, tremblant, par-dessus mon épaule. Elle tenait un spray au poivre entre ses doigts crispés. Elle appuya sur la gâchette dans un incroyablement long et faible bruit de pulvérisation. Je tournai une tête intriguée vers elle. Tout son visage était parcouru de spasmes nerveux.

Son spray anti-agression n’eut pas, tout à fait, l’effet escompté.

Le poivre se colla sur la peau humide du batracien qui se mit à gronder comme le tonnerre, encore plus énervé. Sa langue fut aspirée au fond de sa bouche. Il se dressa et commença à gonfler son poitrail translucide. Je ne savais pas ce qu’il allait faire, mais la curiosité dont j’avais fait preuve pour le premier démon avait clairement disparu. J’inspirai, remplissant d’air mes poumons au maximum, puis relâchai le tout dans un seul cri.

« COUREZ ! »

Nous dérapâmes toutes les trois dans la flaque d’eau, et courûmes à perdre haleine en direction de la maison. Le sol tremblait de plus belle. Il était à nos trousses. Je jetai des coups d’œil paniqués en arrière : il galopait plus vite que son corps énorme sur des pattes courtes le lui permettait. Chacune de ses enjambées éclatait la route, projetant des morceaux de goudron dans nos mollets. Sasha courrait devant en serrant sa sacoche contre elle. Les cheveux d’Élise voletaient à ma droite. Je boitais aussi vite que je le pouvais. Plus que quelques maisons et nous serions en sécurité.

Le crapaud se mit à sauter sur les voitures garées le long du trottoir dans un objectif évident de nous barrer la route devant le portail. Heureusement, Sasha arriva à temps. Elle sauta par-dessus le muret et continua sa course sans se retourner jusqu’au perron. Élise glissa et se prit le muret en pleine face.

« AZA ! » Hurlai-je en arrivant près d’elle pour la soutenir par le bras.

Nous passâmes le portail, arrivâmes dans le jardin, lorsque le crapaud sauta sur le muret. J’entendais les pierres grincer et tomber sur le gazon. Son ombre fit un bond et s’élargit autour de nous. Ce connard allait nous écraser.

Sans réfléchir, je poussai Élise aussi loin que je le pus, avant de me retourner, les bras tendus. Ils s’embrasèrent immédiatement. Lorsque sa peau gluante et suintante entra en contact avec mes mains, mes bras se recouvrirent d’une épaisse couche noire qui craquela. Entre les plaques sombres, la braise orangée de ma peau prit une intense couleur dorée qui m’aveugla presque. Leur éclat redoubla au prix de mes efforts pour maintenir le démon loin d’Élise. J’avais du mal à rester debout tant il était lourd. Mes doigts s’enfoncèrent dans le corps du batracien dans un glougloutement infâme. Il poussa un cri. Deux cercles noirs se formèrent sur sa peau violette, autour de mes mains. Ça sentait le brûlé. Sa langue se mit à battre dans l’air en fouettant le sol. Elle passait dangereusement près de ma tête. J’allais me faire décapiter !

« AZA ! »

J’entendis le grincement caractéristique de la chatière, et le fouet de ses petites pattes courant sur le bois. L’instant d’après, le chat pelé dégagea le crapaud d’un double coup de patte. Le corps du monstre se retourna et glissa sur le dos jusqu’au grillage du voisin. Deux trous noirs fumaient sur son abdomen. Azazel feula avant de se jeter à nouveau sur lui. J’en profitai pour me relever, attraper Élise par sa blouse et la traîner sur les escaliers, en sécurité derrière le sceau.

Sasha était figée sur leur combat. Élise, allongée sur les marches avec moi, n’osa pas détourner son regard d’eux. Le chat cogna et griffa le monstre à plusieurs reprises, dans un enchaînement fulgurant. C’était incroyable de le voir en action. Il sautait dans tous les sens en donnant des coups de patte impressionnants dans le corps mou du démon. S’il avait pris sa forme réelle, il l’aurait éclaté en une seconde.

Le crapaud se redressa à grand-peine, puis défonça le reste du grillage et battit en retraite. Azazel, couvert de sang, le poil hérissé, souffla bruyamment par les narines dans un « c’est ça, dégage » évident. Il trotta jusqu’à moi. Sans réfléchir, je le caressai. Il me fit un signe de tête en direction des filles. Elles étaient sous le choc, les yeux prêts à sortir de leurs orbites. Je m’accoudai sur une marche, la respiration encore erratique.

« Bon, heu… je crois qu’il faut que je vous avoue que j’ai peut-être volontairement omis de vous parler de deux-trois trucs… »

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