Je crois que je viens de foutre ma vie au feu…

Aussi loin que je me souvienne, et que mon père me le rappelle dans un plaisir malsain d’enfoncer le clou, j’ai toujours eu les mains trouées. Si dépenser du fric pour des choses inutiles et pour son plaisir personnel avait été un métier, j’aurais été une cheffe ultra carriériste de mon propre service.

Sinon, ça s’appelle être une influenceuse, mais je suis trop cynique pour faire carrière sur YouTube, je passerais mon temps à insulter les gens, ce qui, je pense, irait plutôt contre l’idée de vivre à leurs dépens.

Anyway.

Grâce au covid et à pôle emploi, j’ai pu satisfaire cette année mon rêve d’écrire à plein temps. Cette activité a drastiquement mis un frein à mes achats compulsifs. Mais pas assez cependant, pour ne pas me retrouver dans le rouge chaque mois. Faut dire que, comme une conne, j’ai cessé de penser que bouffer était surfait. Du coup, mes dépenses d’épicerie ont crevé le plafond.

Et au bout de quelques mois aux frais de la princesse, à vivre entre la ville et la montagne, à construire des projets, et prendre le temps de vivre pleinement, j’ai repris les recherches d’emploi.

Principalement pour me rendre compte à quel point mon métier de chargé de communication était devenu sous-coté, avec des listes de tâches longues comme le bras et délégable à, au minimum, une équipe de 14 personnes (infographiste, graphiste, directeur artistique, vidéaste, concepteur-rédacteur, responsable évènementiel, attaché de presse, responsable marketing, RH, chef de projet, Social Media Manager, Community Manager, spécialiste SEO, traffic manager, et au moins 3 stagiaires en PLS constante) pour le salaire d’une assistante sortie de BTS.

J’ai eu (très) mal à mon CV.

Cependant, une opportunité de travailler à nouveau dans une boite que j’adore est apparue. Top, me direz-vous ? Mmh.

Après 9 jours de deadlines impossibles à tenir, de travail haché par les demandes annexes constantes, des tâches mises de côté qui repassent en top-priorité ASAP, les meeting, les call, les mails du week-end, le tout sous la contrainte assez singulière d’un « mais noooon, te prend pas la tête », j’ai décidé d’abandonner, de faire honneur à Henri Laborit et son livre L’éloge de la fuite.

Fuir une situation stressante pour laquelle je ne me sentais pas les épaules, mais relativement bien payée, fuir un système de travail qui pèse sur mon équilibre personnel, pour me retrouver à trouver un boulot saisonnier in extremis et payé au ras des trèfles (comme je l’ai dit, faut manger en fait. Et dans mon cas, habiter quelque part aussi).

Mais en faisant mes comptes, je vois bien que j’ai chié sur une opportunité. Soyons terre à terre et pratico-pratique un instant : si j’avais pu rendre des projets en retard sans m’en faire, bâcler mon travail, le tout en faisant du 9 h-18 h en pensant à mes prochaines RTT, je serais restée.

Sauf je ne suis pas comme ça.

Pour mon plus grand malheur, j’ai décidé cette année de m’écouter, d’écouter mon rythme, ma santé mentale précaire, mon besoin de m’investir et de faire les choses bien, au risque de finir SDF.

Voilà. Elle est là l’impression d’avoir foutu ma vie au feu.

Jusqu’où est-on prêt à aller, qu’est-on capable de subir pour subsister dans cette société de consommation où les loyers et les biens de première nécessité augmentent plus vite que les salaires ? (Non, c’est une blague. On est carrément dans une courbe de croissance inversée).

Sur cette question, je vous laisse, je vais bouffer du riz avant que sa côte en bourse n’explose, et que je doive le planter moi-même.

2 réflexions sur “Je crois que je viens de foutre ma vie au feu…

  1. Pour ma part j’achète le riz par sac de 10 kg chez les asiatiques, c’est très économique ! Je pense qu’il faut toujours s’écouter, prendre des risques c’est surtout prendre celui d’être en accord avec ses besoins propres. C’est pas un malheur, c’est tout l’inverse !

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