Ap 24 : « Putain de merde, pas deux jours de suite ! »

Avertissement spécial : scène gore

Dimanche matin. Il n’était pas encore sept heures. Je n’avais pas fermé l’œil de la nuit. Ma terreur avait largement surpassé mon dégoût olfactif pour le chat, et je l’avais séquestré au creux de mes bras jusqu’aux premiers rayons de soleil.

Il s’était passé beaucoup trop de choses pour que j’arrive à dormir de toute façon. J’étais assise au bureau, gavée d’analgésiques, le chat endormi dans le lit à côté, à préparer une liste pour la journée. Elle n’était pas longue, mais voir une simple colonne à cocher me donnait l’impression d’avoir le contrôle sur quelque chose.

La première étape consistait à me rendre à la boutique de ma mère pour prendre les bons ingrédients, notamment le potassium – et non le permanganate de potassium, une erreur que je ne commettrai pas deux fois – ainsi que tout ce que je pourrais trouver pour m’aider à affronter ce qui allait suivre. Je soupçonnais la visite de courtoisie de la veille de n’être que le commencement.

La deuxième étape impliquait de rejoindre Seth pour récupérer de l’argent, puis enfin, troisième étape : me préparer à la venue des filles.

Je ne savais pas ce que j’allais pouvoir leur dire. Pouvoir, dans le sens d’être capable d’expliquer l’inexplicable. Non, il me fallait m’en tenir aux éléments humains : l’arrêt cardiaque de John et Matt, ma mère qui en avait perdu la raison, et ma grand-mère qui… avait été empoisonnée par une entité démoniaque. Bordel, comment pouvais-je raconter ça autrement ?

Je m’étirai sur la chaise. Mon cerveau pédalait dans le vide. Autant laisser tomber. Je trouverais un moyen de changer de sujet s’il venait sur la table. 

J’enfilai un jean propre déchiré aux genoux, et un tee-shirt noir sous une chemise à carreaux. Je tressai mes cheveux, mis mes bracelets et bagues, une paire de créoles en argent et me maquillai pour camoufler mes cernes. C’était dérisoire et salutaire en même temps. Je devais continuer malgré tout, et je m’accrochai à ce semblant de normalité.

Je descendis boire un café tout en préparant mon sac à dos. Il me fallait un mug d’énergie pure. Je laçai mes bottines, mis un bonnet, ainsi que le blouson en laine de Matt. Les températures décroissaient à grande vitesse. Une fois prête, je levai la tête vers l’étage. La veille, le chat m’avait défendue contre le grand machin visqueux. Ce pouvait-il qu’il m’ait été envoyé par Lucifer pour me protéger de Belzebuth ? Un… chat ?

Je retournai dans la chambre. Le chat dormait. Sa fourrure grise vaguement tigrée sur les pattes partait en touffes. Pelé et puant. Je me penchai pour le détailler, observant avec attention ses moustaches blanches et ses coussinets roses et noirs. Lucifer ne pouvait pas m’avoir envoyé un simple chat. Était-ce… Cinq ? 

« Cinq ? » murmurai-je prudemment à l’oreille du chat.

Il leva une tête ébouriffée et sursauta en me découvrant si proche.

« Cinq ? retentai-je.

— Miaou ? »

Évidemment. Les mains sur les hanches, j’hésitai, puis décidai que cela n’avait pas d’importance. Je le soulevai et le portai à bout de bras jusqu’au salon. Il se fit mou, et ne protesta pas non plus lorsque je le plaçai dans mon sac à dos. J’avais découpé une ouverture sur le devant pour lui. Il comprit ce que j’avais à l’esprit, fit quelques tours sur lui-même, s’allongea sur le pull posé au fond et sortit sa tête par le trou.

Après ce qu’il s’était passé, il était hors de question que je me sépare de ce mini pourfendeur de démons, qu’il s’agissait de Cinq ou non. Alors, oui, il ne ressemblait en rien au valeureux guerrier que j’avais espéré, mais à défaut de mieux, je m’en contenterais. Au moins, il était pratique à transporter.

Dans le bus, les gens se poussèrent en se bouchant le nez à notre passage. En descendant à l’arrêt du centre-ville, je les entendis souffler et reprendre leur respiration. Pratique à transporter oui, discret, moins.

La boutique ésotérique sentait le patchouli et la cire de bougie. Je fouillai le coffre qui avait contenu le manuscrit et pris toutes les fioles qui s’y trouvaient. Sur une étagère, je choisis un livre sur les démons et djinns, un manuel d’invocations, ainsi qu’un épais volume qui s’intitulait Enchantements et rituels de protection pour les nuls. Je ne m’attardai pas plus, et montai dans le bus suivant pour rejoindre Seth.

Une main appuyée contre mes côtes, l’autre agrippée au siège en face, je serrai les dents sur la route parsemée de nids-de-poule qui menait à l’ancien quartier industriel en bordure de la ville. Le bus s’arrêta à l’entrée du quartier, juste devant une pharmacie laissée à l’abandon. Derrière le rideau de fer, la vitrine était brisée. Les morceaux de verre étaient maintenus sur des panneaux de carton par de l’adhésif. En ce onze novembre, le quartier était désert, ce qui n’était pas pour me rassurer.

Je vérifiai l’adresse affichée sur le GPS de mon téléphone, puis parcourus deux rues avant de m’enfoncer dans une ruelle. Sur les poteaux électriques, des affiches de personnes disparues, collées les unes sur les autres, partaient en flocons de papiers. Dans quoi est-ce que je mettais les pieds ? Ça puait comme un début de film d’horreur. Je réprimai un frisson et tentai de relativiser : il faisait jour, je ne risquais rien de surnaturel.

Enfin, je retrouvai Seth au fond de cette ruelle, devant la porte d’une vieille maison délabrée à deux étages.

« Bonjour Perse, merci de m’avoir rejoint. Je suis désolé de t’avoir fait déplacer, surtout dans ton état, mais je dois retourner à Abbotsford après cette visite. Comment te portes-tu ?

— Bien, merci. C’est encore douloureux, mais je gère, mentis-je en avalant à la volée un trio d’analgésiques.

— Je suis ravi de l’entendre. Tiens, voici comme convenu, dit-il en me tendant une maigre liasse de billets de cinq que je rangeai dans la poche de ma chemise. Je suis ici pour rendre un service à l’évêque, mais si tu as la patience de m’attendre, je peux te raccompagner en voiture après. Cela ne devrait pas durer longtemps. » 

Je tentai de garder un visage égal en apprenant qu’il avait une voiture, et qu’il aurait donc pu faire un détour pour m’apporter lui-même cet argent. Cela m’aurait évité tout ce trajet.

Je forçai un rictus et acceptai sa proposition. Avec mes côtes en convalescence, je n’étais pas en état de refuser. Posant mon sac à terre, je m’apprêtai à m’asseoir sur le trottoir lorsqu’il m’invita à l’accompagner à l’intérieur pour y être au chaud.

« Quel genre de service tu dois rendre à un évêque ? demandai-je en marquant une pause devant la porte ébréchée.

— Un paroissien s’inquiète pour le fils de cette famille. Selon lui, il serait possédé par le démon. »

Je déglutis. Seth fut surpris de me voir choquée. Il m’avait connue athée, et ne pouvait pas savoir que les dernières semaines avaient complètement changé mon avis sur ce sujet. Mais je ne croyais pas, je savais. C’était différent.

« Le prêtre étant absent, il m’a demandé de leur rendre visite à sa place, reprit-il.

— Tu vas l’exorciser ? m’étranglai-je.

— Mais non, se moqua-t-il. Je viens mener une première enquête, pour déterminer si cet enfant a besoin d’un médecin ou d’un exorciste.

— Ça ne te fait pas peur ?

— Non. Le plus souvent, il s’agit de problèmes familiaux. Quelques fois, psychologiques. Et je dois avouer que, même si je crois au diable, je ne crois pas du tout en l’existence des démons. » 

Je ricanai. Voilà que j’étais devenue plus croyante qu’un séminariste. C’était risible. Il releva un sourcil avant de hausser les épaules. Si seulement j’avais pu lui raconter ce que j’avais vu, il ne se serait pas montré aussi décontracté.

Seth frappa à la porte, qui émit un grincement en s’entrebâillant. Elle n’était pas fermée. Je fixai Seth, envahie d’un doute affreux. Et si la créature rouge aux griffes acérées était là ? Les poils de mes bras se dressèrent.

En poussant la porte, je manquai de vomir. L’odeur qui embaumait cette maison était encore plus fétide que celle du chat. Il flottait dans l’air un savant mélange de mort, de pourriture et d’excréments.

Nous entrâmes en appelant une « madame Lucas » qui ne répondit pas. L’intérieur était surchauffé. Je retirai mon manteau et ma chemise. Je m’aventurai jusqu’à la cuisine à sa recherche, pendant que Seth jeta un œil dans le salon. Personne. Il décida d’aller vérifier l’étage. Malgré mes appréhensions, je le suivis de près dans les escaliers. L’odeur s’intensifiait à mesure que nous montions. Le chat s’agita dans mon dos.

« Reste sage », murmurai-je.

Seth inspecta plusieurs pièces vides puis se dirigea vers celle du fond.

« Madame Lucas, vous êtes là ? Je suis le père Hawkins.

— “ Père ” ? chuchotai-je, c’est pas un peu prématuré ?

— C’est un raccourci compréhensible et convenable », me souffla-t-il en retour.

Nous entrâmes dans une chambre sombre. L’odeur infâme y était plus marquée ici que dans le reste de la maison. Je me bouchai le nez. Les rideaux avaient été tirés, mais le soleil passait à travers les nombreuses déchirures du tissu. Un petit garçon était assis sur un tapis, à jouer avec des petites voitures.

Je soufflai. Aucune créature rouge. Mais aucun signe de sa mère non plus. Seth s’accroupit et s’adressa à lui avec douceur. Il lui demanda où était sa maman, mais le petit garçon l’ignorait complètement. Il jouait comme s’il était seul. 

Quelque chose dans ce tableau me dérangea encore plus que l’odeur. Le couvre-lit avait perdu depuis longtemps ses couleurs. Le tapis persan était grisâtre. Je détaillai plus en profondeur la pièce : des toiles d’araignées poussiéreuses flottaient dans les angles des murs et pendaient sur les poutres. Nos pas avaient laissé des traces sur le sol, mais il n’y avait pas d’autres traces que les nôtres. Ce n’était pas normal. Je passai le doigt sur le rebord de la commode à ma gauche. La couche de poussière était bien trop épaisse pour une famille censée vivre ici.

Sa petite voiture émit un grincement, comme pour attirer mon attention. Il ne disait toujours rien. Seth souleva la mèche de cheveux qui cachait son visage. D’étranges veines noires s’étiraient de ses oreilles à ses pommettes. Je repensai à Roberta, encore en quarantaine. L’infection dont elle souffrait ressemblait un peu trop à celle-ci.

« Putain… », soufflai-je.

Le petit s’immobilisa et ses jouets retombèrent sur le sol dans un nuage de poussière. Il leva la tête vers moi. Le chat se remit à s’agiter dans mon dos. Au moment où je posai le sac pour l’en faire sortir, prise d’un mauvais pressentiment, l’enfant changea.

Les veines noires sur sa joue se mirent à palpiter, puis se propagèrent jusqu’à infiltrer ses yeux. Ses pupilles se dilatèrent, noyant le bleu de ses prunelles dans un noir abyssal. Il émit un sifflement strident entre ses dents. Seth sursauta.

Soudain, le gosse se rua vers moi en grognant. Seth tenta de le retenir, tout en me jetant des coups d’œil affolés. J’étais pétrifiée. J’avais dit que ça puait ! Le gamin hurla comme un possédé. Ses dents étaient noires et pourries jusqu’à l’os. L’une d’elles tomba lorsqu’il tira la langue pour laper le bas de son menton.

« Il a la peste, bordel ! » criai-je.

À mes pieds, le chat feulait et grattait pour sortir du sac. J’étais terrifiée. C’était quoi cette scène surréaliste ? Ce n’était qu’un gosse, bordel. Seth avait de plus en plus de mal à le retenir. Le gamin avançait, ses yeux noirs fixés sur moi. Le sol ploya sous ses pas alors qu’il devait peser à peine quinze kilos. Seth entoura l’enfant de ses bras dans un étau, tout en lui parlant pour essayer de le calmer.

Lorsque ses pupilles se mirent à briller de rouge, je sursautai à mon tour. Le gamin se débattait en poussant d’infâmes sifflements. Seth tenait bon, mais transpirait à grosses gouttes et la panique se lisait sur son visage. À bout de patience, l’enfant ouvrit subitement les bras, se dégageant de son emprise d’un seul mouvement. Il se retourna et lui asséna une gifle d’une force incroyable. Seth fut projeté à l’autre bout de la pièce. Le mur en lambris s’enfonça sous l’impact.

Je courus vers Seth. La peau de son visage était fendue du front jusqu’au menton, et son œil, tranché au centre de sa pupille. Il pissait le sang. 

Nous sursautâmes lorsque le gosse émit un nouveau sifflement. L’instant d’après, il était à nos côtés, la main levée, prêt à me gifler à mon tour. Seth s’agrippa à mon épaule, complètement paniqué. Le gamin abaissa son bras, que je réussis à retenir à quelques centimètres à peine de mon visage.

Ses minuscules ongles couverts de sang gigotaient frénétiquement pour atteindre mes yeux. Mes doigts serraient de toutes leurs forces pour le contenir. Ce gamin avait une force incroyable. J’arrivais à peine à le tenir à distance. Il forçait, se rapprochant dangereusement, quand mes doigts devinrent noirs.

Peu à peu, ma main, mon poignet et mon bras en entier s’assombrirent et se craquelèrent pour laisser entrevoir une peau de lave, orange et flamboyante comme la surface du soleil. Les symboles dorés apparurent au-dessus de mon coude et remontèrent jusque sous la manche de mon tee-shirt. L’enfant hurla de douleur. Je le lâchai.

C’était quoi ça, encore ? Mon bras reprit forme humaine en quelques secondes.

Intriguée par l’apparition subite de mes pouvoirs, je ne vis pas le gamin revenir à la charge. D’un seul coup, je fus projetée à l’autre bout de la pièce. Sonnée par le choc, la tête me tournait. J’avais mal, et des milliers de points noirs papillonnaient devant mes yeux.

Le gamin me fixait de ses yeux rouges lorsque son visage se tordit en un supplice. Il se mit à se griffer le corps, déchirant sa peau en lambeaux. Seth essaya de se relever, une main sur son visage ensanglanté. Le hurlement lugubre reprit, et l’encre se répandit dans les yeux du gosse. Ils devinrent intégralement noirs, puis ses globes oculaires débordèrent et coulèrent le long de ses joues. On était mal barrés. Il nous fallait un exorciste, et de toute urgence.

Au comble de l’horreur, il tourna la nuque qui se brisa avec un insupportable craquement. Puis ses épaules se disloquèrent. Son corps se mit à gonfler par endroit, à se distendre par d’autres. Sa peau était tirée comme si quelque chose poussait en dessous pour en sortir. Seth et moi étions plongés dans un mutisme de terreur. La peau du gamin se craquelait et se déchirait de toutes parts.

À cet instant, ce n’était plus un exorciste, mais un putain de coup de fusil en travers de la gueule qu’il lui fallait.

La peau de son front craquela. Ses yeux se révulsèrent et sa mâchoire tomba au sol, rebondissant sur le sol jusqu’à mes pieds. De Seth ou moi, je ne saurais dire qui hurla le plus.

Les griffures qu’il s’était infligées s’ouvrirent sur une peau noire. Le petit garçon au visage cauchemardesque avança d’un pas dans la mare de son propre sang. Un autre craquement d’os survint, et une patte de crabe géante sortit de sa hanche pour se planter dans le parquet. Les lattes explosèrent. Je reculai, hystérique, en pédalant dans le vide.

J’entendis Seth dégueuler. Une autre patte jaillit de la bouche du gamin, et son corps s’ouvrit dans un jet de sang qui recouvra chaque parcelle de la pièce, moi y comprise. La bile me monta dans la gorge. Je manquai de vomir à mon tour. Sous l’apparence innocente d’un enfant d’à peine cinq ans se cachait un démon.

« Putain de merde, pas deux jours de suite ! » m’écriai-je.

Des lambeaux de peau glissèrent le long du corps du monstre et retomba au sol dans un bruit flasque. Je gerbai. Au milieu de ce corps informe aux multiples pattes tranchantes se trouvait un œil géant, qui bougeait à toute vitesse dans son orbite encerclée de dents et de poils. Dans un mouvement brusque, le grand œil se fixa sur moi. Je cessai de respirer.

Lorsque le démon rétracta ses pattes comme une araignée se préparant à sauter, je glissai, les mains baignant dans le sang. Il y eut un curieux bruit de fermeture éclair. Le démon se rua dans ma direction tandis que je hurlai de tout mon souffle.

Ses pattes dérapèrent en freinant à quelques centimètres de moi. Je reçus un morceau de latte en plein dans le front. Une imposante respiration dans mon dos fit voleter ma tresse. Une ombre se dessina sur le sol et s’éleva sur le démon-crabe qui le suivait de son grand œil stupéfié. Bientôt, il fut immergé sous cette ombre. Un grognement de gros carnivore rugit en arrière. Mes cheveux flottèrent à son souffle.

Tremblante, je jetai un regard à Seth, pétrifié et blessé contre le mur. S’ils étaient deux cette fois, aucun de nous ne s’en sortirait vivant.

Un pied aussi large que la commode se posa à ma droite. Un autre apparut à ma gauche, m’encerclant. Je levai les yeux sur une masse à la peau bleue. Beaucoup trop grand pour rentrer dans la pièce, il se tenait courbé et son dos frottait contre le plafond. Il s’abaissa au-dessus de moi et plaça une main gigantesque au sol. Elle racla le parquet et se rapprocha de moi tel un bouclier protecteur.

Je gardai un œil sur le démon-crabe, aussi perplexe que moi. Le démon bleu leva lentement son autre main, puis l’abattît sur le démon. Il y eut un effroyable bruit juteux, puis, plus rien. Je me redressai pour contempler les dégâts. Le démon avait été pulvérisé sur le sol, réduit en purée en une seule seconde. Son corps broyé était répandu dans toute la pièce. Seth, couvert de sang, était fixé sur le géant au-dessus de moi.

Celui-ci secoua la main pour se débarrasser des restes de la créature, tenta de se redresser, mais se cogna au plafond. Je levai les bras pour me protéger des éclats de bois qui se détachèrent des poutres et retombèrent autour de moi.

« Construction de merde », pesta-t-il.

Je me retournai enfin. Sa musculature était impressionnante et sa peau était parcourue par un réseau de veines. Il ressemblait à Hulk, mais en bleu. Il prit une grande inspiration, et son corps se réduisit jusqu’à atteindre la hauteur de mon sac. Pas plus haut qu’une quarantaine de centimètres. Son crâne plat était encadré par deux cornes de taureau. Il avait de petits yeux jaunes, pas de nez, et une bouche tordue. Un buffle en format de poche.

Il se pencha dans mon sac et en sortit une fourrure grisâtre. Il enfila une jambe après l’autre, passa ses bras dans les manches, enfourna sa tête cornue qu’il replaça pour les faire entrer dans chaque oreille, et se zippa le dos. Le chat, à nouveau lui-même, toussa en prenant soin d’éviter mon regard.

« Bon, et bien, je crois que c’est le moment de dire Il faut qu’on parle », déclara-t-il enfin.

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