Ap 39 : « Ton cœur bat vite »

À mon réveil, je m’empressai d’aller chercher le manuscrit. Entre ce que m’avait dit Gabriel et les explications de Lucifer, je voulais tout noter pour garder une trace. Certes, je n’avais pas pu parler avec Sërb, mais ma conversation avec le porteur de lumière m’avait suffi pour me rassurer sur leurs intentions. Tout n’était pas rose, mais tout était au mieux. Je me sentais délestée d’un poids.

Seulement, le manuscrit n’était pas dans mon sac. Je retournai la maison à sa recherche, de ma chambre au sous-sol, mais fis chou blanc. Azazel ne l’ayant pas prit en partant, et aucun être surnaturel ne pouvant franchir le sceau de protection pour le voler, il ne restait qu’une possibilité : je l’avais laissé dans mon casier par inadvertance.

Seul un gardien pouvait en comprendre son contenu, et je pensais que cela n’aurait pas de conséquences fâcheuses, mais j’angoissais quand même à l’idée que quelqu’un mette la main dessus. Ma mère ne l’avait pas enfermé dans ce coffre toutes ces années sans raison.

Je m’habillai à la va-vite, pressée d’aller au lycée pour fouiller mon casier. Avant de partir, j’ouvris le réfrigérateur pour prendre un casse-croute à avaler sur le chemin, quand je tombai nez à nez avec une brique de lait de poule. Interloquée, je fixai la brique suspecte suffisamment longtemps pour que l’alarme de mesure de froid retentisse. J’avais pourtant été sure qu’elle avait disparu. Tout comme j’avais été sure de l’avoir rangée dans la porte la première fois. Toutes ces histoires infernales commençaient sérieusement à entamer mes neurones.

Je marchai vite, et arrivai en avance au lycée, pressant le pas jusqu’à mon cadenas dont la combinaison m’échappa trois fois d’affilée. Enfin, la porte s’ouvrit : pas de manuscrit. Évidemment. Je fouillai derrière mes manuels scolaires, soulevai le tas de feuilles volantes. Rien. Je cognai mon front contre le casier d’à côté par pure frustration. Des élèves se retournèrent sur moi. Bordel, mais où était-il passé ? J’y rangeai mon sac en pestant. Le tintement métallique de mon bric-à-brac anti-démons fut difficile à camoufler, et plusieurs élèves se retournèrent à nouveau vers moi. J’étais en train d’annihiler le peu de réputation convenable qu’il me restait. Bah ! Aucune importance.

En y réfléchissant, je craignais que la tisane soit responsable de mes pertes de mémoire. Deux fois de suite, cela n’était pas encourageant. La sonnerie retentit. Au bout du couloir, je freinai des quatre fers en voyant Gabriel entrer dans la salle en saluant le professeur de sa voix mélodieuse. Un pas de plus et il m’aurait vue. Mieux valait rebrousser chemin. Je n’avais pas envie qu’il me rejoue son petit numéro de la dernière fois, surtout depuis que je doutais de son humanité. Il y avait bien assez d’êtres mystiques dans mon entourage. Je pris alors la direction opposée, prête à sauter le cours, et tournai dans le couloir de gauche, pour tomber nez à nez avec Will.

« Je peux savoir où tu cours comme ça ? » demanda-t-il en croisant les bras sur son torse massif.

La chance m’avait portée jusqu’au seul surveillant qui refusait tout retard, même lorsque l’on marchait avec des béquilles et un plâtre fraîchement posé. Ce gars n’avait aucune pitié.

« … dans le bureau de la directrice ? souris-je, prise au piège.

— Dans le bureau de la directrice, je te le confirme. »

L’entrevue qui suivit fut des plus perturbantes. La directrice, qui était d’ordinaire une femme plutôt guindée et protocolaire, portait une mini-jupe qui ne respectait pas la longueur réglementaire, et fumait de longues cigarettes dans le bureau alors que j’étais présente. Elle me servit sourire sur sourire en me demandant avec une insistance particulièrement intense si j’entretenais une relation intime avec le garçon aux lunettes de soleil, avant de se lancer dans un discours sur l’importance de mettre une protection lors des rapports sexuels.

Ce furent trente minutes incroyablement longues et gênantes. Je voulais me fondre dans la chaise, devenir la chaise. Être invisible, loin, dans les Enfers, même. Peu m’importait, tant que cette entrevue s’arrêtait. La directrice fit le tour de ma chaise en dégrafant son chemisier pour créer un décolleté profond sur sa poitrine généreuse, et finit par me donner un baiser humide sur la joue après avoir insisté pour me faire une tresse.

Même le surveillant, qui entra sans frapper au moment où je me tortillais dans tous les sens en lui demandant de ne pas toucher mes cheveux, fut aussi sidéré que moi. Elle l’autorisa à me raccompagner à mon cours et dans le couloir, nous soufflâmes tous les deux, sans cesser de nous demander à quoi nous venions d’assister. Nous n’arrivâmes pas à nous décider entre la théorie de la jumelle maléfique et celle d’une confusion entre sucre et cocaïne dans son café du matin.

Au moins, le cours que j’avais en commun avec Gabriel était terminé. Je pus reprendre ma journée sans risquer de retomber sur lui. J’envoyai un message à Élise pour lui demander si elle avait vu une cicatrice sur la nuque de Gabriel. Je croisais les doigts, même si j’ignorais quelle réponse j’espérais recevoir : qu’il soit un déchu ou qu’il soit un céleste ?

Je n’arrivais pas à l’imaginer en gardien. Un gardien de la pudeur, à la limite. Le message se nota comme envoyé, mais non lu. Elle ne me répondrait pas avant le soir, comme d’habitude. Son établissement scolaire interdisait l’usage des téléphones durant les heures de classe.

Je sortis de mon dernier cours l’esprit léger, qui s’assombrit immédiatement en voyant Will m’attendre les bras croisés. C’est vrai : j’avais écopé d’une retenue. Il m’escorta jusqu’à la bibliothèque et me laissa entre les mains du petit nouveau. Dans deux heures, je serai libre. Celui-ci m’indiqua une pile de livres à ranger et je me mis à ma tâche en traînant les pieds.

Il se faisait tard. La nuit était en train de tomber. Je tentai une moue boudeuse au bibliothécaire, qui décida que trente minutes en moins ou en plus, effectivement, ne feraient pas une grosse différence à ce niveau. Il nous libéra donc tous les deux, avec pour consigne de ne pas se faire prendre dans les couloirs. Will y rodait jusqu’à l’heure de la fermeture des portes, et nous risquions tous les deux une remontrance salée.

C’est sur la pointe des pieds que je rejoignis mon casier pour prendre mon sac. Un frisson me parcourut l’échine quand un grognement inhumain retentit au loin. Un loin, hélas, déjà trop proche à mon goût. Le sol vibra et trembla, ponctué de lourds bruits de pas. Je me retournai pour apercevoir une ombre gigantesque s’élever sur le mur.

Je ne savais pas ce que c’était, mais il était dans le bâtiment. Il allait tomber sur moi. Je n’avais aucune échappatoire à part me cacher, et vite. Je lâchai mes affaires et courus jusqu’à la première salle ouverte, dans le couloir à droite.

Je me collai contre le mur, la tête coincée dans l’entrebâillement de la porte pour le surveiller. Le sol vibrait sous les pas qui se rapprochaient, mais je ne voyais toujours rien. Seule une ombre imposante, grimpant le long du mur beige, me donna une indication sur la chose : beaucoup trop grande, beaucoup trop large. Je n’aimais pas ça. Encore moins quand je me rappelai que la tisane était dans le sac que je venais d’abandonner lâchement. Quelle idiote !

Un autre bruit de pas, humains ceux-ci, raisonna dans le couloir. Will avançait en scrutant les environs à la recherche de traînards. Il passa à vue dégagée le long des casiers, avant de disparaître dans l’angle. Son ombre s’approchait de celle du monstre. Heureusement qu’il ne pouvait pas le voir. Il ne risquait rien.

L’ombre du démon attrapa alors celle de Will, et la souleva au-dessus de sa tête. Je l’entendis crier juste avant que son ombre se fasse engloutir, étouffant son cri au milieu d’immondes gargouillis. Je me retins de hurler, la mâchoire décrochée par le choc de cette vision. Je n’arrivais pas à le croire… Will venait de se faire bouffer.

Azazel avait dit que les démons existaient pour emmerder les humains. Il aurait pu préciser que même s’ils ne les voyaient pas, ils risquaient de mourir !

Une porte de casier grinça et une autre série de pas humains avancèrent en direction de la sortie, bloquée actuellement par cette chose. Encore un qui allait y passer si je n’intervenais pas ! Je tirai un peu plus la porte et sortis la tête à l’extérieur.

Quil resserrait la anse de sa sacoche en marchant. Et merde. Il n’y avait qu’un seul mec dans ce bahut qui m’intéressait un tant soit peu. Et même si ce n’était pas réciproque, il était hors de question que ce démon en fasse son quatre-heures. C’était le mien.

Au moment où Quil passa devant ma porte, je l’agrippai par le col et l’entraînai à l’intérieur. Ses pieds décollèrent du sol. Ce mec n’était vraiment pas lourd. Je plaquai sans ménagement ma main sur sa bouche pour l’empêcher de crier et de nous faire repérer. Il ne protesta pas. Il n’émit pas même un marmonnement. Il resta droit comme un i, le long du mur sur lequel je l’avais adossé contre son gré.

Le démon se remit à gronder. Un immense pied d’éléphant apparut enfin dans l’angle, et un bout de bras recouvert de pointes agrippa le coin du mur. Ce truc était gigantesque. Il avait une tête triangulaire et allongée de requin, avec trois rangées de globes oculaires blancs laiteux qui encadraient une mâchoire débordante de dents acérées.

Qu’est-ce qu’il était laid ! À croire que Belzebuth avait lancé un concours dans les Enfers, à celui qui m’enverrait le plus gros ou le plus moche.

Il tourna la tête, humant l’air. Ses narines bougeaient comme des branchies. Leurs lames membraneuses ventilaient à la recherche d’une odeur. La mienne, certainement. Avec un peu de chance, mon odeur de gardien se mêlerait à celle de Quil et j’échapperais à sa traque.

Sa tête se tourna dans notre direction. J’ordonnai silencieusement à Quil de se baisser, ma main toujours plaquée contre sa bouche. Il suivit mon mouvement et s’assit par terre sans protester. Il étendit ses jambes alors que je l’enjambais, sans perdre le démon des yeux. Je m’accroupis et mis un genou à terre.

Mon cœur battait à tout rompre. Un démon dans les parages m’angoissait. Ne pas avoir ma tisane à portée de main me paniquait. Et savoir que Quil risquait en plus de se faire gober par ce truc me terrorisait.

Je tentais de respirer le plus calmement possible à mesure que le corps du démon se dévoilait. Je tendis la nuque. Quil retint son souffle quand mon visage se posa contre le sien.

La porte d’entrée se referma, provoquant une brise qui me donna la pire nausée de ma vie. C’était bien une chimère de requin. En tout cas, il en avait l’odeur. Un fumet d’iode, d’algue et de poisson pourri flotta jusqu’à mes narines. J’avais le cœur au bord des lèvres. Je bloquai ma respiration en attendant que l’odeur se diffuse et perde en intensité. Il venait de me dégoûter des fruits de mer pour le restant de ma vie. 

Le démon avança lentement jusqu’au milieu de couloir, humant toujours l’air, quand deux fentes membraneuses se déployèrent sur les côtés de sa large tête. Des oreilles. Donc un démon aveugle qui se fie à son odorat ne suffisait pas pour m’attraper ? Il fallait en plus qu’on lui ajoute ce que je supposais être une super-ouïe ? Une goutte de sueur coula le long de ma nuque. Comment allais-je faire pour nous sortir tous les deux de cette impasse ?

C’est alors que quelque chose remua dans mes cheveux, provoquant des vagues d’électricité sur mon crâne. Je n’osai détourner mon attention du monstre. Ce n’était pas le moment. Je ne pus m’empêcher de prier que ce ne soit pas une araignée. Saleté de bêtes à pattes. La grosse avec un œil qui était sorti du gamin avait contribué à me rendre phobique.

Le démon avança à nouveau. Il était d’une lenteur insupportable pour mes nerfs. Plus que quelques pas dans la même direction et nous serions bientôt hors de sa portée.

Mon pied se mit à glisser sur les dalles du carrelage. J’étais dans une position précaire. Accroupie au-dessus de Quil, la nuque étirée à son maximum pour surveiller le requin, je dérapai. Au moment où je ne tenais plus, Quil m’attrapa par la taille avec une telle fermeté que cela me surprit, et je me retrouvai assise sur ses jambes.

Mon attention passa alors du démon des abîmes qui me pourchassait, à la respiration paisible de Quil contre ma main et à son bras autour de ma taille. Par la force des choses, j’avais fini à califourchon sur lui. En constatant notre position, mes joues s’empourprèrent.

Le mouvement dans mes cheveux recommença, et je vis que ce n’était pas une araignée, mais Quil. Placardé et bâillonné sans raison contre le mur, il jouait avec mes cheveux. Il faisait glisser une mèche dorée entre ses doigts maigres, avant de l’entortiller. Il semblait complètement absorbé. Décidément, mes cheveux attiraient les foules. Pouvait-il sentir mon pouvoir en les touchant de la sorte ? Sentait-il que j’étais différente ?

Je retirai lentement ma main de sa bouche. Sa canine tordue transparaissait sous une petite bosse de sa lèvre supérieure. Il relâcha alors doucement ma taille et tourna la tête vers moi, dans un face-à-face si intense que mon cœur s’emballa. Le bout de son nez frôla le mien. La seule chose qui me traversa l’esprit à cet instant fut que les démons avaient vraiment le chic pour me mettre dans des situations pas croyables.

« Ton cœur bat vite », murmura-t-il, alors que j’étais à présent complètement absorbée par lui, par son visage si près du mien, et le contour de ses prunelles claires qui me fixaient sans ciller derrière les verres sombres de ses lunettes.

Ce n’était pas le moment idéal pour un premier baiser, mais il était si près qu’il m’était difficile de penser à autre chose. Mes lèvres s’entrouvrirent machinalement, alors que je me penchai un peu plus vers lui. Ses lèvres passèrent à quelques millimètres à peine des miennes quand il détourna la tête en direction de la porte.

Ah. Oui. C’est vrai. Y’avait un démon dans le couloir.

Je me redressai, l’esprit à nouveau concentré sur le plus important. Quil relâcha ma mèche lorsque le monstre disparut de ma vue et que ses pas résonnèrent derrière nous. S’il bifurquait à gauche, nous étions morts. La porte de l’autre côté de la salle était vitrée. Heureusement, il continua son chemin. Le battement de la porte de la bibliothèque indiqua qu’il était à l’intérieur. Et dire que je m’y trouvais quelques minutes auparavant, et que si le bibliothécaire ne m’avait pas laissée partir avant l’heure prévue, j’y serais encore.

Je me redressai en essayant de ne pas regarder Quil. Il devait me prendre pour une folle. Je m’aventurai à pas feutrés dans le couloir, vérifiai que la voie était libre, puis lui fis signe. Il se leva et me suivit sans dire un mot. J’attrapai précautionneusement mon sac qui dépassait de mon casier, le refermai en priant pour que le grincement n’alerte pas le monstre, puis me dirigeai vers la sortie sur la pointe des pieds. Quil m’aida à pousser la lourde porte et l’empêcha de claquer.

Je le pris par la main et l’entraînai en courant jusqu’au coin de la rue. Une fois hors de portée, je vidai mon thermos d’un trait. Tant pis pour la toxicité de la tisane tant que je disparais de la vue de ce truc ! 

Quil se racla la gorge. Ce fut le moment le plus pénible. Posté devant moi, il devait attendre une explication. Je m’essuyai la bouche du revers de la main et me dégonflai en bafouillant une explication aussi vaseuse que l’odeur du démon. 

« Désolé, y’avait le surveillant dans le couloir et comme j’ai séché ma retenue, enfin, non je l’ai pas séchée je suis partie avant la fin, mais il aurait pu croire que, et s’il me voyait, alors j’allais m’en reprendre une et je suis pas maso. Je suis pas faite pour être enfermée devant une porte à attendre que le temps passe, je… Voilà.

— D’accord », dit-il en fourrant ses mains dans les poches avec un air détendu.  

Il ne semblait pas s’intéresser le moins du monde à ce que je venais de lui faire subir. Son visage demeurait impassible. Je réfléchissais à dire autre chose, mais mon élan fut coupé par la vibration de mon téléphone.

[Lili : Je ne sais pas, pourquoi cette question ?]

Je tapotais un message. Une seconde plus tard, elle me répondit.

[Perse : Comme ça. Et est-ce que tu sais s’il a un pénis ?]

[Lili :… Je vais faire comme si j’avais rien lu.]

Je relevai la tête vers Quil, qui me fixait sans broncher. La nuit était tombée, et après ce à quoi nous venions d’échapper, je n’avais pas envie de rentrer seule ni de le laisser dans le champ d’action du démon. Je privilégiai la prudence.

« Tu pourrais me raccompagner ? Enfin, si ça ne te dérange pas, bien sûr. J’habite pas très loin, mais je n’aime pas faire le chemin seule la nuit. » 

Il sembla réfléchir un moment, puis s’en alla sans un mot. Je me sentis idiote, et un peu perdue aussi. Il venait de se faire maltraiter et il allait se barrer comme ça ? Peut-être qu’il avait eu son lot de situation incompréhensible et qu’il en avait marre. Ça n’aurait pas été étonnant. Je devais lui paraître tellement bizarre. Pourtant, quelques mètres plus loin, il s’arrêta et se retourna.

« Tu viens ? »

Je trottai pour le rejoindre, confuse. Nous prîmes le chemin du centre-ville, à travers le parc. Quil marchait les mains dans les poches de son jean noir moulant. Ses bottes de cuir grinçaient. J’essayai de ne pas le lorgner pour une fois, et regardai mes pieds tout le long du trajet.

« T’es vraiment pas bavard, finis-je par dire pour rompre le silence.

— Il paraît. Je ne suis ici que le temps d’un semestre, alors je n’éprouve pas le besoin de me lier aux autres. »

Il m’ouvrit le portail du parc pour me laisser passer. Je profitai de sa galanterie en maugréant intérieurement. Le temps d’un semestre ? Il ne restait que deux mois, à peine. Je mis mon pouce à la bouche et commençai à en mordiller l’ongle. Il n’y aurait pas de couple Maigrichon et Gros-cul comme l’avait annoncé Sasha. C’était clair. Ce qui l’était plus encore fut la déception qui me comprima la poitrine. 

« Même si je dois avouer que tu m’intrigues », ajouta-t-il.

Mon cœur fit un bond dans ma poitrine et je me mis à rougir. Deux mois, c’était déjà bien, non ? Deux mois, cela suffisait à me donner un espoir. Il n’y avait rien de mieux qu’un potentiel mec pour me remotiver à tout faire pour rester dans ce monde. Une idée futile, un espoir frivole, mais dangereusement agréable pour le moral au vu de ma situation.

Lucifer avait tort de penser que l’espoir n’était qu’une source de souffrance et qu’il était préférable de s’en défaire complètement. L’espoir était la seule chose qui me maintenait la tête hors de l’eau.

Je lui souris en passant le portail, et même s’il ne me le rendit pas, j’étais contente.

Une réflexion sur “Ap 39 : « Ton cœur bat vite »

  1. Pingback: Ap 38 : « Que fais-tu ici ? » | Romans de Berg

Laisser un commentaire