Ap 53 : « Tellement plus… »

Avertissement spécial : pensionnats indiens

Le bâtiment en briques rouges de trois étages était entouré de grilles aux fers noirs pointus, qui bordaient un maigre espace de verdure attenant. L’entrée principale se situait en retrait sous une arche qui affichait encore les mots « pensionnat indien, 1923 ». Elle était rehaussée de quelques marches, sur lesquelles des chaussures d’enfants y avaient été déposées par les autochtones de la région en mémoire des victimes de ce génocide.

Quelques mois auparavant, un charnier comportant les ossements de plus de deux cents enfants avait été trouvé sur le terrain derrière la chapelle. Cette macabre découverte avait ébranlé tout le pays, et profondément meurtri la communauté secwepemc. Devant la mise à jour de ces atrocités, le gouvernement fédéral avait présenté des excuses officielles aux survivants et aux familles des disparus. Des excuses qui, comme mes propres promesses envers Sasha, ne ramèneraient personne. Le mal était fait.

De l’autre côté de la route trônait un monument commémoratif. À son pied, des mots, des photos, et des fleurs encore fraîches. Le pays tout entier était en deuil. Utiliser cette école de l’horreur pour que Sërb s’y repose ne pouvait pas être plus mal choisie.

Un éclair illumina le ciel. Je levai la tête et mon cœur s’emballa. Des yeux rouges nous fixaient. Des spectres d’enfants apparurent à la grande fenêtre au-dessus de l’entrée, puis sur celles des étages supérieurs et jusqu’aux combles. Ils furent bientôt si nombreux qu’ils éclairaient complètement l’intérieur de leurs iris rougeoyants. Des centaines d’enfants. Ils portaient de longues robes blanches de nuit qui contrastaient avec leur peau brune, rendue grise par la mort. Leurs mains se collèrent sur les vitres, et le son strident de leurs griffes sur le verre me donna un frisson qui me secoua des pieds à la tête.

Seth me rappela à l’ordre en me demandant de l’aide pour transporter Sërb à l’intérieur. J’eus un instant d’hésitation. Allait-on vraiment le faire entrer là-dedans ?

« J’avais préparé une chambre à l’étage, mais vu son état, il vaut mieux l’installer dans une des cellules des sœurs du rez-de-chaussée, concéda-t-il. Elles se trouvent dans le couloir du cloître, à gauche. Allons-y », ordonna-t-il en soulevant les pieds du vieil homme.

Azazel nous aida à le porter jusqu’aux grilles, mais ne put avancer plus. Sa peau crépita dès qu’il fut trop proche. Il demanda alors à Sasha de prendre le relais et nous gravîmes les marches en laissant l’ange rejeté de Dieu sur le trottoir. Sasha glissa sur une des chaussures et se reprit en s’excusant. Seth passa en premier. Il poussa la grande porte de bois rouge d’un coup de bassin. Sasha me lança un regard que je compris avec regret : nous venions de le faire entrer les pieds devant.

La porte s’ouvrit sur un large vestibule entouré de deux escaliers en pierre soutenus par de larges colonnes. Au fond, une autre double porte vitrée menait à un jardin. Un nuage de vapeur s’échappait de la bouche de mes compagnons. Il devait faire froid, comme dans chaque endroit occupé par des spectres, pourtant, cette fois, je ne le ressentis pas.

Sasha siffla en passant sous la voûte. Les yeux en l’air à admirer les motifs, elle se cogna l’épaule contre la colonne. Elle manqua de faire tomber Sërb. 

« Plus tard, la visite », la rabroua Seth qui peinait à maintenir sa prise.

Sasha se reprit, et nous passâmes la porte vitrée. Elle menait à un jardin que Seth indiqua être le cloître. Le ciel offrait un spectacle apocalyptique d’éclairs rouges sur fond de nuages noirs. J’échangeai un regard avec Sasha, et je sus que nous partagions la même pensée : ça sentait mauvais.

Accélérant le pas, nous tournâmes à droite, empruntant la galerie de piliers, jusqu’à une antique porte en bois. Prenant les pieds de Sërb à une main, Seth souleva la poignée. La porte grinça d’un côté et craqua de l’autre. Les gonds étaient rouillés, et la stabilité de l’ensemble était précaire.

Nous entrâmes dans une pièce austère. Elle ne possédait qu’une petite fenêtre haute, un lit de métal et un bureau. Sasha dut se placer de mon côté pour pouvoir déposer délicatement Sërb sur le lit.

Les murs étaient blanchis à la chaux, et seul un crucifix décorait cette triste pièce. Ce n’était pas l’idéal, mais au moins, il était en sécurité. Sur la poutre, je lus 1888. L’année de construction. La cellule de Sërb devait être d’origine. La porte, aussi.

De la buée s’échappait de ses lèvres et il se mit à trembler. Il était transi de froid. Le plaid n’était pas assez chaud pour cette pièce vétuste et humide. Je retirai mon blouson pour le poser sur son torse et emmitouflai ses épaules de mon mieux. Il arrêta de grelotter.

Seth me tendit son manteau que je refusai poliment. Le froid avait cessé de me gêner depuis ma dernière visite dans les Enfers. C’était étrange. À croire que je ne le ressentais plus. Cet être de lave et de feu infernal en lequel je m’étais transformée après avoir coupé les chaînes de Sërb se trouvait toujours en moi, quelque part, à attendre mon signal pour se manifester.

Seth sortit rejoindre Azazel et me fit signe de le suivre. J’acquiesçai tout en bordant un peu plus Sërb avec mon manteau. Il était si faible, si fragile. Au moment où je me levai, il attrapa mon bras et ouvrit péniblement un œil.

« Tu n’as… jamais été… essayait-il de parler, à bout de souffle. Ma remplaçante.

— Qu’est-ce qu’il raconte ? s’enquit Sasha.

— Tu es… tellement plus…

— Qu’est-ce que tu veux dire ? Qu’est-ce que je suis ? »

Sa tête retomba sur l’oreiller.

« Sërb, tiens bon, les filles arrivent avec l’antidote ! Reste avec moi, s’te plaît, reste avec moi. Dis-moi : qu’est-ce que je suis ?

— La clé, souffla-t-il. Quand tu as brisé mes chaînes… la porte… t’a reconnue. Je l’ai… sentis. »

La porte m’avait reconnue ? Ce pouvait-il que ce soit sa voix que j’avais entendue à ce moment-là ? Elle m’avait appelée la descendante, puis sa clé.

« Tu ne peux pas être… simplement… un passeur. Ce n’est pas… possible. Tu es plus… Plus que ça.

— Plus, mais quoi ?

— Je ne le sais pas… Ce sera à toi… de le découvrir. »

Ses yeux se refermèrent et son souffle reprit son sifflement. Il s’était évanoui. Sasha posa sa main sur mon épaule.

« La clé ? demanda-t-elle.

— Ce n’est pas une révélation, répondis-je à voix basse. Les spectres n’arrêtaient pas de me le répéter. Par contre, ce que ça signifie, ça… J’en sais rien. »

Je caressai le front de Sërb. Sa peau était froide et moite. Je repensais à Roberta à l’hôpital, et déglutis. Sasha tenta de me rassurer, mais je savais que son état était au-delà du préoccupant. Si les filles n’arrivaient pas rapidement avec l’antidote, il mourrait bientôt. Ce n’était qu’une question de temps.

« Je t’attends dehors, je vais appeler Max pour savoir où elles sont. »

Je restai un moment auprès de lui à surveiller son souffle. Il ne pouvait pas mourir. Pas si près du but.

Au bout d’un moment, rassurée par sa respiration régulière, je décidai de rejoindre les autres dehors. Dans le couloir du cloître, les éclairs illuminaient la chute de démons. Une fois que tout serait fini, il faudra les renvoyer dans les Enfers. Tous. Jusqu’au dernier.

À l’extérieur, tout semblait calme. Je n’aimais pas ça. Je pressai le pas pour sortir.

Dans le vestibule, les enfants étaient rassemblés sur les escaliers. Ils se tenaient debout contre la rambarde ou accroupis, les mains accrochées aux ornements en fer comme derrière les barreaux d’une prison. Contrairement aux autres déterrés que j’avais croisés, ceux-ci ne semblaient pas agressifs.

Au moment où je passai entre les colonnes, ils apparurent autour de moi, me bloquant le passage. Je sursautai. Cependant, je compris vite qu’ils ne me voulaient pas de mal. Leurs yeux rouges étaient redevenus noirs. Leurs griffes avaient cédé la place à de petites mains qui tentaient de prendre la mienne. Ils attendaient quelque chose de moi. Ils tirèrent doucement sur mes mains et je m’accroupis au milieu d’eux. Ils semblaient perdus. 

Mon cœur se serra. Ils étaient morts ici. Loin de leur famille et de leurs amis, abandonnés aux mains des sœurs qui leur avaient fait subir les pires sévices. Je serrai la petite main qui grimpait le long de mes doigts. Un autre s’approcha et me tendit les bras. Mes larmes se mirent à couler. Ils m’avaient pas mérité leur sort. Je voulais tellement les aider, alléger leur peine. Face à ces poupons innocents, je me sentais inutile. Lamentable. Ne sachant que faire d’autre, je les enlaçai.

C’est alors que mes cheveux s’illuminèrent. Contre ma poitrine, les enfants s’évaporèrent en une brume de particules étincelantes. Mon corps devint incandescent, comme il le fut lorsque j’avais affronté Amon. Apeurés, certains enfants reculèrent, retournant en courant se mettre en sécurité en haut des marches, tandis que d’autres s’approchèrent de moi avec un mélange de méfiance et d’espérance. Chaque enfant que je touchai, chaque main que je serrai, s’évapora dans les airs. Je le sentis au fond de moi : ils étaient libres à présent.

Fermant les yeux, je découvris qu’une connexion avec l’au-delà, au fond de moi, était en train de se construire. Je sentis le vent souffler sur la plaine des Asphodèles, je vis le champ de fleurs, puis les enfants courir vers leurs ancêtres. Dans ma poitrine, je sentis le cœur palpitant de cet enfant, sa joie, sa paix enfin retrouvée.

J’ouvris mes yeux mouillés de larmes. La paix qui m’enveloppa alors me fit comprendre à quel point ce rôle de Passeur était important. Pas pour moi, pas pour les Enfers, mais pour toutes ces âmes perdues qui attendaient de retrouver les leurs, de reposer en paix, enfin. Dans ma destinée bancale, il y avait en fait bien plus qu’une porte.

Les larmes ruisselèrent sur mes joues. D’autres enfants se précipitèrent dans mes bras pour être libérés. Au plus ils passaient de l’autre côté, au plus je me sentais liée au Royaume des Morts.

Et, aussi impensable que cela puisse l’être pour moi, si près de retrouver ma vie humaine, avec mes amies et Quil, je me demandai si prendre le poison était une bonne idée. Ne pouvais-je pas travailler avec Sërb ? Lui là-bas, auprès de la porte, et moi ici, auprès de ces spectres prisonniers ? Cela me semblait être un bon compromis.

Un enfant, un petit garçon avec les cheveux courts d’un côté et une longue tresse de l’autre, me caressa la joue et essuya mes larmes avant de s’envoler dans une brume étincelante, un large sourire sur le visage. Mon cœur fut rempli d’amour, et d’espoir.

Je finis par me relever. Beaucoup d’entre eux refusèrent de quitter ce lieu. Quand je demandai pourquoi, leurs doigts se tendirent vers le monument de pierre au-dehors. Ils attendaient de lire leur nom sur cette stèle. Ils attendaient que leurs familles viennent les chercher à la fin de l’année, comme promis des années auparavant. Ils remontèrent sur les marches en me faisant des signes d’au revoir. Je leur répondis d’un signe de la main, puis avançai en direction de la sortie.

Mon pouvoir se dissipa au fil de mes pas, et je sortis du bâtiment en soufflant. Mon cœur était lourd, mais je me sentais apaisée, et pour la première fois, en accord avec moi-même et avec ce rôle que j’avais refusé d’endosser. Il n’était plus un fardeau. Il était une partie de moi. Il m’avait fallu l’utiliser pour le comprendre.

Je mis les mains dans les poches et enserrai la fiole de poison entre mes doigts. Ma décision était prise : je resterais un gardien. Je serais un Passeur, ici, et travaillerais de concert avec Sërb dans l’autre monde. Je débouchai la fiole avec mon pouce et vidai l’intégralité de son contenu sur les marches avant de rejoindre les autres.

Toujours aucun signe de Max ou de Nola.

Sur le parvis, Azazel faisait les cent pas devant les décombres de la Jeep, à jeter des regards anxieux vers la route. Sasha se tenait devant l’entrée, à surveiller elle aussi la route. Elle tirait des bouffées anxieuses sur sa cigarette. À ses pieds, des mégots avaient été écrasés à la vite. Certains fumaient encore. Seth, lui, était agenouillé sur les marches, les mains jointes, à prier.

La tension était palpable pour tout le monde, sauf pour moi. Je ne m’étais jamais sentie aussi calme. Cette expérience avec les enfants m’avait chamboulée autant qu’elle m’avait apaisée. Cela avait remis en cause tellement de choses…

Mes yeux s’égarèrent sur les fenêtres des étages. On pouvait les voir courir dans les couloirs, ou se grimper dessus pour m’observer avec malice. Ils me refirent des signes de la main et je leur souris. 

Sasha s’éloigna de quelques pas en allumant une autre cigarette avec la fraise de la précédente. Un épais nuage de fumée l’entourait. Je la dardai de mon plus beau regard de désapprobation, mais elle se tourna pour l’éviter.

Je m’avançai vers Azazel qui continua de battre le pavé sans me regarder. Ses yeux étaient fixés sur la route. C’était la première fois que je le voyais aussi soucieux.

« Elles vont arriver, tentai-je de le rassurer.

— Je sais, mais quand, ça c’est la question. Avant que Bel arrive, ce serait pas mal. Je risque un bannissement s’il me trouve là. Peut-être pire, si Amon bêche sur mon cul.

— … L’exorcisme ne l’a pas tué, n’est-ce pas ?

— Bien sûr que non, il est immortel, comme nous autres. Elle n’a fait que l’envoyer dans les limbes. Celles-ci sont connectées à la tour céleste et comme tu le sais, il peut l’utiliser. Mais ça n’a pas servi à rien. Le chemin est long jusqu’à la tour. On ne le reverra pas de sitôt. Au moins ça.

— Tu penses que c’est lui qui… qui a tué Élise ? » osai-je demander tout en craignant sa réponse.

Azazel s’arrêta de marcher et posa sa main sur mon épaule. 

« Désolé, mais non. Son truc, c’est les infections démoniaques. Elle a été poignardée… Il est possible que le responsable soit un simple humain, tu sais. »

J’acquiesçai mollement, puis relevai la tête vers le pensionnat. J’avais devant les yeux des centaines d’exemples de ce dont étaient capables de simples humains.

« J’ai rien dit dans la voiture, continua-t-il, mais tu as compris toi aussi : tant qu’ils n’avaient pas retrouvé son corps, tu pouvais la ramener. Désormais, c’est impossible. Je suis désolé. Sincèrement. Tout ce que l’on peut faire, c’est s’assurer qu’elle se trouve auprès de Stolas, dans la plaine des Asphodèles, où elle vivra une après-vie éternellement heureuse. Mais de ce que tu m’as raconté d’elle, je suis certain qu’elle s’y trouve déjà. »

Ses mots me soulagèrent un peu, même si c’est ici, avec nous, qu’elle aurait dû être.

Seth revint nous rejoindre. Il gratta furtivement la cicatrice sur sa joue, et s’éclaircit la gorge.

« Elles auraient déjà dû arriver. La situation devient tendue.

Tendue ? Un string c’est tendu. Nous, on barbote dans la merde ! Amon est out, mais Bel peut débarquer d’une minute à l’autre, et on est là à attendre que trois minettes arrivent avec un antidote que personne n’a encore testé. La situation est plus que tendue.

— J’en ai bien conscience, et je suis prêt, dit-il en sortant de sa veste un énorme crucifix en métal. Je vais me battre à vos côtés, quitte à y laisser ma vie s’il le faut !

— C’est quoi le délire, t’es une Buffy certifiée par le clergé ? T’es mignonne, et le jour où tu te révéleras plus utile qu’un aspirateur sur la plage, on en reparlera. Mais pour le moment, limite-toi à tes prières et à faire des signes de croix. Si Bel débarque… tant pis, je m’en chargerai.

— QUOI ?!

— Es-tu de taille face à lui ? demanda Seth, septique.

— Non, Aza, non ! »

Jusqu’à présent, j’avais craint pour les filles, mais pas pour Azazel. Savoir qu’il envisageait d’affronter Belzebuth me donna des bouffées de chaleur. Je ne pourrais pas supporter qu’il soit blessé.

« Gngn, es-tu de taille face à lui gngn, le singea Azazel. Pff ! Personne ne l’est à part Lucifer, et il n’est pas là. Par contre, je peux le ralentir. Et puis je vous rappelle que si je ne peux pas foutre un orteil à l’intérieur sans cramer, lui non plus. Toi, tu veilles sur ma gamine et toi, dit-il en se tournant vers moi, tu lui fourres l’antidote dans la gueule. Quand tout sera fini… Tu demanderas à Lucifer de parler au Roi pour moi, d’accord ? Il lèvera mon bannissement. Mais avant ça, peu importe ce qu’il se passe, ne laisse rien te distraire de ton but, OK ?

— Aza…

— En parlant de distractions… » fit-il en levant la tête vers route.

La voiture de Nola tourna dans la rue. Assise sur la fenêtre, Jade nous faisait de grands signes de la main, un sourire jusqu’aux oreilles. Je laissai échapper un soupir de soulagement. Sasha nous rejoignit en courant.

Nola se gara juste devant nous et vérifia son rouge à lèvres dans le miroir du pare-soleil pendant que Max et Jade descendaient de la voiture.

« Je l’aime bien ta copine, dit Aza en souriant.

— C’est pas ma copine, soupirai-je.

— Elle a pas une tête à sucer que de la glace et un sacré caractère. »

Je lui lançai mon regard le plus réprobateur.

« C’est pas ma copine, mais, tu mériterais que je te casse les dents pour cette remarque.

— Tant que ça ne m’empêche pas de sucer de la glace moi aussi… dit-il en arborant un sourire faussement innocent et véritablement lubrique.

— Tu me désespères. »

Jade courut jusqu’à moi, les mains en coupe, pleines de fioles. Max la suivait de près, une main sur son épaule comme si elle avait peur qu’elle s’envole. Je ne m’attendais pas à ce qu’elles en ramènent autant. Jade sautait sur place. Dans ses mains, les fioles s’entrechoquaient.

« On a fait du stock ! s’enthousiasma-t-elle en montrant son butin. Poison et antidote ! Comme ça tu pourras être une héroïne à mi-temps, une semaine sur deux comme les parents divorcés !

Hein ? fit Aza, peu habitué à leur façon de parler.

— Pour l’instant, une seule suffira », dis-je en levant les mains pour la calmer.

Je pris une fiole violette et la glissai dans ma poche avant de tourner les talons. Sërb, j’arrive ! Mais à peine avais-je fait un pas vers le pensionnat que le sol se mit à trembler. Les secousses s’amplifièrent et un grondement lourd remonta des profondeurs. Les fioles tintèrent de plus belle.

Sans attendre, Max attrapa Jade. Elle l’encercla de ses bras comme un bouclier, et se jeta à l’abri derrière la voiture. Il y eut un bruit de verre brisé, puis un éclair assourdissant, et le trottoir s’ouvrit dans un déluge de flammes.

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