Manier les verbes liés aux sens

Une fois qu’on a vu, entendu, touché et senti, que reste-t-il ? Tellement de choses à verbaliser autrement.

Lorsque l’on entame la description d’un lieu, et qu’on y a placé le personnage, il me parait important de s’attarder un peu plus sur ce qu’on pourrait appeler « l’expérience sensorielle ». Celle-ci sera très différente selon que l’on se trouve dans une maison perdue en forêt, à marcher sur la plage, ou à choisir des maquereaux sur un étal de poisson au marché. Ça exhale la terre humide, ça fleure le sable chaud, ou ça pue le poiscaille.

Mais déjà, vous voyez ou je veux en venir. On ne fait pas que sentir : on fleure, on hume, on renifle, etc.

Utiliser et décrire l’expérience sensorielle du personnage permet au lecteur une immersion plus profonde. Cela lui donne les clés de l’ambiance dans laquelle évolue le personnage qu’il suit, alors, pourquoi s’en priver ?

Il suffit de lire « Le parfum » de Patrick Süskind pour en être convaincu. C’est un de mes livres préférés, et à chaque fois que j’en termine la lecture, ce n’est pas le côté meurtrier qui me marque le plus, mais le voyage dans les odeurs. Ce roman est une vague d’huile de rose, d’onguents pâteux, de graisse et de nectars. Un pur bonheur pour les sens.

Dans le processus d’écriture, on détaille les textures, les odeurs, les couleurs, mais autant le faire avec les bons verbes.

Comme ça fait plusieurs mois que je trime à décrire différents mondes et lieux imaginaires au sein d’Apocalypse, j’ai récolté une petite liste pour faire descendre mon pourcentage de verbes ternes. J’espère l’augmenter encore, mais je la trouve assez riche pour la partager au monde merveilleux d’internet, comme je l’avais fait avec les verbes de parole.

En espérant qu’elle vous serve !

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